Agartha. Un désert, où cohabitaient nomades et sédentaires. Cependant l'assèchement progressif des oasis développa la cupidité des sédentaires qui se mirent en guerre les uns contre les autres. Les cités tombèrent une à une devant ce fléau jusqu'à ce qu'il ne reste que 1400. Les nomades quant à eux préférèrent éviter ces conflits en priant leur Divinité de leur accorder un sommeil de deux millénaires. Mais quand ils se réveillèrent, ils furent non seulement confrontés à des citadins beaucoup plus avancés technologiquement mais aussi à une hostilité tangible. Hostilité contre ces nomades ressurgit du passé mais aussi hostilité au sein même de la ville de 1400. Puis une nouvelle guerre éclata : la Révolution. Est venu à nouveau le temps du choix : se battre ou partir ? Ainsi naquit l’Exode, un mouvement rassemblant nomades et citoyens souhaitant fuir la guerre en partant par-delà les montagnes vers un territoire glacé où vit un peuple étrange.

Lorsque le passé et le futur se rencontrent...


    Une nuit, un banc, deux hommes aux cheveux blancs [Lucian & Elikann]

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    Elikann Mu'Sajeb
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    Il devait être dix heures, la nuit était tombée, mais la ville était si bien éclairée qu'Elikann continuait à y voir, comme en plein jour. Après avoir laissée Kal, partie voir un de ses amis, dans un café non loin, il s'était contenté de s'assoir sur un banc, au beau milieu du centre-ville, et de respirer un long moment l'air de 1400. Bien que son souffle ait ralenti, et que son esprit se soit légèrement apaisé, il restait occupé par un doux sentiment d'émerveillement passif, qui stagnait sous son cœur et lui donnant un regard enfantin et léger sur chacun des éléments qui l'entourait. Fatigué, il se laissait aller, peu à peu, un peu plus profondément dans ses pensées. Il savait que si la même journée s'était déroulée ne seraient-ce que deux ou trois mois avant aujourd'hui, il aurait été simplement été complètement terrifié, et n'aurait rien ressenti de la magie que lui évoquait cet endroit. Il aurait eu peur de tout; aurait craint les véhicules, aurait craint les immenses bâtiments, les lumières éclatantes attachées à chaque rue, le vrombissement sourd et incessant, le brouhaha, les silhouettes, et l'homme qui venait de s'assoir à ses côtés.

    C'est ce détail qui le sortit de sa brève méditation. Assez interloqué, Elikann porta son attention sur ce jeune civil aux cheveux blancs, le regard perdu loin devant lui. C'est le genre de rencontre qui aurait instantanément provoqué chez lui de la méfiance, si son esprit n'était pas embrumé et encore ébahi par l'intensité du choc qui l'avait frappé quelques heures plus tôt. Ainsi, plutôt que d'envelopper l'aura de l'homme par un voile de peur, son esprit le couvrit d'une fine couche de confiance, et  éveilla en Elikann une tranquille bienveillance. Quel qu'il soit, cet habitant de la cité des rêves ne paraissait plus capable de lui porter le moindre tort.

    Il s'étonnait lui-même. Peut-être était-ce la fatigue, ou son intense curiosité pour tout ce qui venait de cette ville, mais des questions vinrent de son esprit à ses lèvres, en un laps de temps bien trop cours pour le laisser stoïque. Il n'avait rien dit, et n'avait pas laissé échapper un son, mais son attention toute entière gravitait à présent autour de ce jeune individu, et des mots lui venaient complètement naturellement, capacité qui lui avait si souvent manqué.
    Il résista quelques minutes, mais céda finalement à son désir, et se concentra pour rester poli.

    << Bonsoir? Excusez-moi de... Vous interrompre. J'ai envie de discuter avec vous. Pourrions-nous... Parler ensemble?>>

    Au fur et à mesure que les syllabes filtraient entre ses lèvres, il réalisait qu'il n'avait aucune idée de la façon dont il pouvait réellement engager une conversation avec un parfait inconnu, et se réfugia dans une franchise totale, assez hésitant. Il eut soudain assez peur d'avoir fait une quelconque erreur, mais s'arrêta très rapidement de parler.
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    La nuit était tombée trop vite a mon goût. Perdu dans mes pensées, je ne l'avais pas vue venir et ce, même avec la lumière qui s'était allumée pour m'offrir de la clarté. Il fallait que je rentre et surtout que je mange. J'allais encore faire un malaise avec rien dans le corps ! Mais j'avais été tellement absorbé par mon travail... Repliant mes affaires, je partais pour les rues de 1400. A pied puisque sans voiture, j'avançais, prenant le chemin vers chez moi.

    Quand soudain, je me sentis mal. Le ventre quémandait de quoi manger, l'organisme avait besoin de son carburant. Je savais que ça allait arriver et pourtant, j'étais quand même parti. Mais je n'avais rien à manger là-bas, pas plus que sur moi. La prochaine fois, je penserais peut-être à prendre de quoi grignoter pour au moins caler la faim. Mais comme je n'avais rien, je devais faire avec.

    Au final, je vis un banc. Il y avais déjà quelqu'un dessus mais cela ne faisait rien. Après tout, ce banc n'était pas à lui en particulier. Sans donc vraiment faire attention a l'homme, je m'assis à côté et tentais de me reposer un peu. Peut-être qu'après ça irait mieux et qu'en faisant le chemin étape par étape je ne tomberais pas comme un imbécile en panne de nourriture. Oui, oui, je m'insultais moi-même...

    Et sans que j'y fasse gaffe, l'homme me parla. Sa voix me fit sursauter, je ne m'y étais vraiment pas attendu. Je tournais la tête et le dévisageais un instant puis détournais les yeux. Je ne voulais pas le mettre mal à l'aise, même si je l'étais un peu en l'ayant moi-même fixé...

    Je n'avais pas l'habitude de me faire aborder de la sorte. Je trouvais cela un peu étrange. Au fond de moi une petite voix me disait : « Refuse ! C'est peut-être un dangereux criminel ! Regarde sa dégaine ! » Mais une autre la fit taire en me disant qu'on ne jugeait pas sur des apparences. Enfin, elles furent en conflit. J'interrompais le fil de mes pensées en m'exprimant, je n'allais pas lui mettre un vent quand même.

    - Oui, si vous voulez...

    Il avait peut-être un besoin irrépressible de parler même si c'était à un inconnu, alors pourquoi pas ? Mais le garçon avait l'air hésitant. Peut-être se disait-il qu'il avait fait une bêtise ?

    - Il y a quelque chose en particulier dont vous voulez parler ?

    Je ne savais pas non plus ce que je pouvais dire. Ce n'était pas une question d'être mal à l'aise ou quoi. Mais plus une question d'habitude. Et quand on rajoutais le fait de ne pas être forcément un grand bavard... ça n'aidait pas !

    - Sinon, on a de la chance. Ce soir est une belle soirée, je trouve.

    Il ne faisait ni trop chaud ni trop froid et quand le vent soufflait, il n'était pas dérangeant.
    Elikann Mu'Sajeb
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    Plutôt qu'un soupir interne, ce fut une bourrasque qui calma en un instant tout le corps d'Elikann. La sensation de quasi-satiété commençait à lui revenir, et  ce fut comme une douce somnolence, qui l'enveloppa légèrement.

    Il voulait parler de tant de choses... Cette merveilleuses ville gardait pour lui, malgré les longues informations que lui donna Kal au cours de la journée, un nombre enivrant de mystères et énigmes obscures. Et il supposait que ce jeune homme pourrait lui les apporter, ou au moins en partie.

    Il allait en formuler la plupart en une tirade, mais se ravisa : la sensation de gêne qui lui avait occulté l'esprit une dizaines d'instants auparavant n'avait pas complètement achevé sa disparition. Il cherchait donc, avant tout, à arriver à organiser ses pensées, ses pensées et ses interrogations. La première chose qui lui vint à l'esprit était de lui répondre, pensait-il. Les secondes commençaient à être longues.

    Peu à peu, les mots s'assemblèrent : il tentait d'exprimer à quel point ce soir lui était complètement agréable, comme chacune des choses qui composait le cadre de cette scène. C'était d'ailleurs cela qui, plus que n'importe quoi d'autre à cet instant, lui procurait une telle tranquillité; assez forte pour bloquer son potentiel sentiment de gêne, occasionné par le silence qui régnait depuis, maintenant, une demi-minute.

    << Je pourrais difficilement être plus de votre avis... C'est une soirée magnifique. >>

    Il était calme, et tenta de réserver au mieux sa réponse.

    << Je suis arrivé ici ce matin, et je n'ai jamais ressenti un tel ébahissement. Tout est si incroyable, ici! Si mystérieux! Si... Si nouveau.
    Plus que tout, le ciel! Le ciel est plein, vivant, mouvant, animé, et ce absolument tout le temps! Savez-vous pourquoi? >>


    Légèrement essoufflé, il marqua une pause.

    << S'il vous plaît... J'aimerais parler de cela. De tout ce qui m'émerveille. J'aimerais savoir tant de choses! Vous habitez cette ville, non? >>
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