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Lorsque le passé et le futur se rencontrent...


    En quête d'informations [pv Edward]

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    Zayn Aresham
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    Arme : Gantelets métalliques et fusil d'assaut
    Messages : 91
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    Je n'aimais pas du tout le dossier sur lequel les autres lieutenants et moi-même devions passer une partie de notre temps actuellement. Déjà parce que les réunions avec mes homologues n'étaient pas ce que je préférais dans mon métier, même si, au moins, j'étais assuré d'être entouré de personnes compétentes. Mais aussi, et surtout, parce que toute cette histoire de narco-trafiquants… J'avais conscience de ne pas y comprendre grand-chose, même si je faisais mon possible pour faire avancer les choses.

    Je n'étais pas aussi performant que j'aurais voulu l'être, et cela me laissait de mauvaise humeur, jour après jour. J'avais bien essayé de me renseigner par moi-même, de faire chercher des informations par ELIZA, mais… Cela n'avait pas eu beaucoup de succès. Les informations trouvées par mon IA ne correspondaient pas à la situation, et je n'avais pas réussi à lui faire affiner davantage les recherches.

    Je marchais tout en ruminant ce problème lorsqu'une pensée me vint soudain, me faisant m'arrêter en plein milieu du couloir. Quelqu'un me rentra dedans, manquant de peu de tomber en me heurtant, et m'intima sèchement de faire attention. Je me contentai de le fixer d'un regard agressif jusqu'à ce qu'il reparte sans demander son reste, revenant ensuite à mon idée.

    Je n'étais pas loin des laboratoires, alors… Je ne perdais rien à m'y rendre pour me renseigner, demander à avoir des informations sur le sujet. Sans compter qu'avec un peu de chance, je pourrais parler avec l'un des ingénieurs travaillant pour nous : si j'y parvenais, je doutais qu'il refuse de me répondre.

    Je changeai donc de direction, après avoir vérifié qu'il n'était pas trop tard. Ce n'était pas pour moi, personne ne m'attendait réellement chez moi - Tei et ELIZA ne comptaient pas véritablement. Mais si j'y allais vraiment tard, il n'y aurait probablement plus grand monde dans les laboratoires…

    Je fus rassuré sur ce point en y arrivant : l'activité battait encore son plein à cet endroit. Je ne m'y sentais toutefois pas à ma place et hésitais sur la conduite à tenir lorsque je repérai, un peu plus loin, une couleur de cheveux que je ne risquais pas de confondre avec une autre. Et le propriétaire de cette chevelure rose ne semblait pas débordé de travail, pour ce que je pouvais en juger…

    Je m'avançai donc vers lui, sans réellement remarquer qu'avec ma stature et le peu d'attention que j'accordais aux autres, une bonne partie des gens s'écartait de mon chemin, comme par peur de se faire renverser et piétiner par mégarde. Ce qui était exagéré : je ne piétinais pas les gens.

    "Edward Frayer ? Lieutenant Aresham, de l'Armée de Terre, me présentai-je, au cas - relativement improbable - où il ne me reconnaisse pas. Auriez-vous un moment à m'accorder ? J'aurais besoin que vous me donniez quelques informations."

    J'attendis que nous soyons installés dans un endroit plus calme pour reprendre la parole. S'il était lié à l'armée, ce n'était pas forcément le cas des autres savants, et je n'avais pas envie d'en parler en public…

    "J'aurais besoin d'en savoir plus sur les narco-trafiquants, leurs produits… Ce genre de chose. En tant que chimiste, vous devez vous y connaître un peu ?"




    Edward Frayer
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    Avec la plus grande attention, comme si ma vie en dépendait, je fixai avec attention le centrifugeur, attendant que le mélange change de couleur : il ne faudrait pas laisser mes tubes plus longtemps dedans, et je n’avais encore aucune idée de la manière dont les composants allaient réagir. Parfois, entre la théorie et la pratique…

    Aussi ne fis-je pas spécialement attention lorsque quelqu’un s’arrêta près de moi, restant fixé sur mon expérience en cours. C’était une bonne manière de montrer que je n’étais pas disponible pour le moment, aussi ne pris-je même pas la peine de signifier verbalement que je n’étais pas vraiment là.

    Mais le laborantin ne partait pas, et je ne voulais pas manquer le bon moment, aussi fis-je un petit signe de la main pour lui dire de circuler, me figeant lorsqu’à la fois je ne reconnus pas la voix et celui-ci se présenta comme étant “la brute” de l’armée de terre. Au moins, qu’il prenne la parole m’avait évité de lui dire de dégager, et je me tournai d’un bloc vers lui, les joues légèrement rouges.

    "B… Bonjour lieutenant Ar… Aresham. ", bégayai-je, avant de prendre un air immédiatement inquiet."Il y a un soucis avec Max ? Elle va bien ?"

    Je lui posai une main sur le bras, me rapprochant et oubliant momentanément mon expérience en cours. Après tout, il travaillait plus ou moins avec ma soeur, alors il devait venir pour ça… Je réalisai soudainement qu’il m’avait parlé d’information. Donc, ce n’était certainement pas pour Maxine, mais plutôt…

    "Oh. Ou vous êtes là pour TJ ? Qu’a-t-il fait, encore ?"

    Je n’imaginais pas, sur le moment, qu’il puisse venir pour autre chose et soupirai lorsqu’il me détrompa. Je jetai alors un coup d’oeil à la centrifugeuse, me désintéressant de lui immédiatement en faisant un geste de la main pour montrer qu’il ne devait pas m’interrompre ou m’embêter pour le moment.

    "Deux minutes… Oui, j’ai du temps pour vous. Grâce à votre arrivée, je suis bon pour recommencer ce soir. Vous savez, prendre rendez-vous, ça évite ce genre de choses. Mon bureau est dans le couloir en face, 3e porte. Mon assistant n’est pas là, attendez-m’y.", déclarai-je sans le regarder, occupé à retirer le tube à essai de la centrifugeuse.

    Il était chaud, bien trop chaud, preuve que la réaction avait eu lieu un moment avant. Je me sentis frustré d’avoir manqué le bon moment. Même, j’en voulus à Théophile qui n’était pas là pour s’occuper de ça, un bref instant, alors que je rinçais les produits après avoir passé un masque. Je détestais respirer avec ça, aussi l’évitai-je quand je savais que je ne risquais rien. Mais pour rincer...

    Je retirai ensuite mes lunettes de protection et les fourrai dans la poche de ma blouse, me recoiffant en avançant jusqu’à la porte de mon bureau, que je refermai derrière moi. J’attrapai, malgré son arrivée qui tombait vraiment mal, une tasse propre ainsi que la mienne, pour servir d’office deux thés - peut-être un peu tièdes, mais c’était un détail. Je débarrassai ensuite mon bureau de deux piles de documents, qui allèrent sur le plan de travail commun, et lui fis signe de s’installer. Je fronçai les sourcils avant d’ouvrir un, puis deux tiroir, pour sortir du sucre et même une petite cuiller propre - certainement ? - pour lui.

    "Tenez. Nous pouvons discuter à présent, je vous écoute, lieutenant."

    Je fis tourner la cuiller dans ma tasse après y avoir mis quelques morceaux de sucre, me retenant de lever les yeux au ciel. Pourquoi est-ce que, dès que ça parlait de drogue, on pensait qu’un chimiste s’y connaissait, sans plus donner de détails ? Savoir synthétiser de la poudre ou de quoi imbiber quelques buvards ne signifiait pas qu’avec quelques termes génériques, comme ça, j’allais pouvoir le renseigner clairement…

    Enfin, dans la théorie. Dans la pratique, j’étais au courant de cette affaire, mais quand même. Par principe…

    "Je n’ai pas eu tous les détails, mais j’ai eu à analyser un échantillon pour l’armée, oui. Il me manque encore quelques tests, qui sont en cours, c’est pour cela que je n’ai pas encore fait mon rapport, je n’aime pas envoyer les choses petit bout par petit bout."

    J’attrapai un stylo pour le glisser entre mes lèvres pendant que je cherchais, sur mon bureau, le dossier idoine et soupirai en regardant l’une des piles de documents que j’avais déplacé. Je me levai pour récupérer le dossier qui était tout en haut et revins m’installer, continuant à jouer avec le stylo alors que je cherchais les informations qui pouvaient lui parler.

    "Hum.. A à moins que vous vouliez un cours de chimie accéléré, je vous passe les détails trop techniques ?", demandai-je, après avoir retiré mon stylo d’entre mes dents. "Pour faire simple, voici le pic d’effet, en fonction de la quantité ingérée, par un individu de corpulence moyenne. Vous noterez l’effet rapide, contrairement à d’autres drogues plus classiques, ainsi que le plateau et l’estompement. J’ai fait les dosages en fonction de ce que vous avez estimé être une dose vendue.

    Là, vous avez les excipients utilisés, et les prochaines analyses devraient donner le principe actif. Au niveau des effets, la liste temporaire est ici, même s’il est difficile d’analyser certaines réactions avec des rats. D’autres expériences sur des primates sont en cours. Et…."


    Je laissai trainer mon phonème, cherchant un papier que j’étais sûr d’avoir mis là, et souris en le sortant pour le montrer au lieutenant.

    "Là, les effets secondaires, à H+6, 12, 18, 24, 36, 48 et 72. Vous remarquez que certains persistent encore un moment, je saurai pour les prises supplémentaires d’ici 3 jours, étant donné que j’ai plusieurs groupes test. Quant au dernier document, c’est la rémanence des produits dans le sang."

    Je m’arrêtai, lui laissant les documents s’il souhaitait les consulter encore, et pris une gorgée de thé. Pour une interro surprise, je ne m’en sortais pas trop mal... Je supposais, en tout cas, ne pas m’en être sorti trop mal. Restait à savoir ce que “la brute” en pensait...

    "Bien sûr, si vous avez des questions lieutenant Aresham, n’hésitez pas, je ferai mon possible pour y répondre."



    Zayn Aresham
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    Je me contentai de hausser un sourcil face à la réaction du scientifique, lorsque je me décidai enfin à signaler ma présence. Et ses questions… Il pensait vraiment que je viendrais pour lui parler d'un problème avec d'autres soldats ? S'il y avait des problèmes, j'en parlais aux concernés, et pas à… leur frère, dans mon vague souvenir ? Je le laissai me poser la main sur le bras et poussai un bref soupir avant de le détromper en lui expliquant la raison de ma venue.

    Par contre, je me crispai lorsqu'il se détourna pour s'occuper de la… chose derrière lui, qu'il regardait déjà lorsque j'étais arrivé. Qu'il mette un moment à se rendre compte de ma présence, passe encore, je pouvais l'envisager. Mais qu'il m'ignore délibérément, sans même prendre le temps de s'excuser… Je serrai les poings, contenant mon envie de le frapper pour l'obliger à me regarder… et à ne pas me parler sur ce ton.

    "D'accord, je vous y attendrai," répondis-je, sans rebondir sur l'expérience qu'il devrait recommencer.

    Je n'allais pas non plus m'excuser parce qu'il avait été trop stupide pour me demander d'attendre… Agacé, j'allai dans le bureau qu'il m'avait indiqué et m'y installai, promenant un regard sévère autour de moi. Comment pouvait-il travailler avec un espace aussi peu organisé ? Il me reprochait d'avoir fait rater son expérience, mais cela lui était certainement déjà arrivé parce qu'il n'avait pas retrouvé quelque chose à temps…

    Je récupérai la tasse qu'il me donna sans un mot ou un signe de remerciement - je n'étais pas d'humeur pour de telles simagrées - mais fis l'effort d'attendre qu'il m'invite à parler avant d'expliquer plus précisément ce qui m'avait mené à lui. Je pris ensuite une gorgée de thé, le regard fixé sur lui en signe d'attention. Je tenais vraiment à me renseigner, pour mieux comprendre cette affaire et faire mon travail convenablement.

    Je le suivis du regard alors qu'il allait récupérer un dossier dans la masse de désordre qu'il avait déplacée, satisfait qu'il ait effectivement des choses à m'expliquer. Sa question me fit hausser les épaules - sérieusement, j'avais une tête à vouloir des détails techniques complexes… ? - mais je me forçai à répondre poliment. Un minimum.

    "Il est évident que je ne suis pas venu ici pour un cours. Je vous écoute."

    Je ne savais pas s'il avait demandé cela pour faire de l'esprit ou bien souligner la différence qu'il y avait entre lui et moi. Dans le premier cas, c'était stupide, alors qu'il m'avait reproché de lui faire perdre du temps. Dans le second… Il allait me donner envie de lui faire ravaler ses dents sans plus attendre.

    J'avais serré l'un de mes poings, sur mes genoux, et j'obligeai mes muscles à se décrisper. Je n'étais pas venu là pour le frapper, mais pour avoir des informations… Et il pouvait s'en estimer heureux. Cette pensée me permit de rester calme et de rester attentif alors qu'il commençait ses explications.

    Je récupérai le dossier qu'il me tendit, ensuite, et l'étudiai en silence, concentré. Je n'étais pas certain d'avoir tout compris… ni de réaliser comment cela allait pouvoir nous aider à agir contre ce réseau. Différencier la drogue qui venait de ces trafiquants précisément des autres, probablement…

    "Je vois. Et pourriez-vous me donner un comparatif avec les autres drogues qui circulent ? Ou simplement m'indiquer les différences notables, si elle est plus forte, plus dangereuse… Ce genre de choses. Si vous ne pouvez pas me l'indiquer de tête, au moins me le transmettre dans les jours à venir ?"

    Après tout… Je n'avais pas vraiment conscience de ce qui se pratiquait usuellement. Ce n'était pas dans le désert que je me retrouvais souvent face à de la drogue, ceux de la Police militaire devaient y être bien plus habitués. Mais puisque nous devions tous nous en occuper… Il fallait que je me renseigne, pour ne pas être à la traîne.

    "En dehors de l'analyse des effets et de la composition en elle-même, est-ce que vous vous êtes penché sur la manière dont elle est créée ? Ou synthétisée ? Il faut de gros moyens, je suppose… Est-elle totalement artificelle, ou bien se basent-ils sur des produits pré-existants, dans 1400 ou venus du désert ?"

    Sans m'en rendre compte, j'avais adopté une voix autoritaire, comme lorsque je m'adressais à mes soldats. Et après tout, puisqu'il travaillait pour nous… Cela m'aurait semblé assez naturel, même si j'en avais eu conscience.

    "Je suppose que vous indiquerez tout cela, de manière détaillée, dans le rapport que vous enverrez dans trois jours ?"




    Edward Frayer
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    Je n’appréciais pas spécialement les militaires rustres et impolis, c’était une certitude qui se rappela à moi lorsque mon invité forcé ne prit même pas la peine de me remercier pour la tasse de thé. J’essayais pourtant, moi, d’être aussi poli que possible alors qu’il arrivait comme une poignée de sable dans la soupe.

    Je retins de justesse un soupir agacé lorsqu’il me répondit sèchement qu’il ne voulait pas d’explications théoriques. Je songeais un instant à lui faire remarquer que, des idiots comme lui m’avaient déjà demandé des explications comme si c’était à leur portée, comme si en quelques minutes ils pouvaient rattraper des années d’études et de travail. Il avait l’air tellement sûr de lui, j’avais préféré sous-entendre que je n’avais pas envie de m’arracher les cheveux à lui expliquer.

    Je le laissai étudier le dossier complexe en sirotant mon thé, appréciant qu’il prenne du temps et, clairement, qu’il ait l’air concentré et attentif. Après tout, il n’avait qu’à prévenir de sa visite, il aurait eu des explications plus “simples”.

    Cependant, lorsqu’il me demanda des comparatifs, je me renfrognai visiblement : je n’appréciais pas spécialement qu’on me donne du travail en plus, comme ça, alors qu’une simple recherche sur l’IA de son bureau - il était lieutenant, il avait certainement accès à une IA assez puissante - aurait fait le travail aussi bien que moi.

    "Désolé, je n’ai pas comme passe-temps de retenir les effets des drogues ou leur durée, ce sont des informations que vous pouvez aussi bien récupérer avec une IA.", fis-je remarquer sèchement, avant de soupirer."Je vous ferai un récapitulatif d’ici la fin de la semaine, si vous pensez ne pas pouvoir le faire vous-même."

    Après tout, cela faisait plus ou moins indirectement partie de mon travail… En tout cas, je pouvais essayer de m’en convaincre, et refiler ça à mon assistant, même si ça signifiait que je devais passer derrière lui pour m’assurer que tout était bon. Au moins faisait-il le plus gros du travail.

    Sa question suivant me fit poser ma tasse, et je croisai les mains pour y installer mon menton, fronçant légèrement les sourcils pour essayer de me souvenir de ça sans consulter mes notes, étant donné que c’était lui qui avait la version papier. J’étais persuadé de l’avoir notifié quelque part, sinon ça ne me serait pas sorti de la tête…

    "Redonnez-moi mes notes ?", demandai-je en les lui prenant des mains.

    Je passai ensuite un instant à chercher l’information, et eus un sourire lorsque je la trouvais enfin. J’appréciais de pointer la ligne avec mon stylo et de tourner la feuille vers lui, me penchant légèrement pour qu’il puisse lire sans aucun problème.

    "Là. Je me disais bien que j’avais déjà noté ça quelque part, vous n’avez pas dû faire attention… Vous avez la composition et l’origine des produits, c’est partiellement naturel et bien évidemment, il y a une partie de synthétisation… Quand à la création, je suppose que si on me débloquait les fonds, je serais capable d’en produire sans trop de soucis, oui. N’importe quel chimiste un tant soit peu doué le pourrait."

    Je lui laissais le document entre les mains, à nouveau, s’il voulait le lire réellement cette fois et non le survoler à peine en repartant tranquillement en arrière, me demandant combien de temps il allait encore me tenir la jambe. Après tout, il avait eu ce qu’il voulait, non ?

    Je serrai légèrement les poings lorsqu’il me demanda - si on pouvait appeler ça une demande, vu la formulation - d’un ton autoritaire que je n’appréciais pas du tout - je n’étais pas son subalterne, non plus ! - mon prochain rapport dans 3 jours.

    "Non. J’ai dit que les analyses arriveraient dans trois jours, pas que j’allais écrire le rapport dans trois jours.", précisai-je sèchement. "Pour votre gouverne, lieutenant Aresham, le fait d’avoir des résultats d’analyse demande, ensuite, un minimum de travail d’interprétation des résultats. C’est pour cela qu’il est relativement inutile de venir sans prévenir, si c’est pour avoir un texte que vous comprenez à peine, et c’est pour cela que le rapport arrivera la semaine prochaine, une fois que je serais assuré que les résultats sont intelligibles."

    Je repris ma respiration, un court instant, et me remis à parler sans lui laisser le temps de le faire, lui.

    "Et je vous ferai remarquer que je suis en lien avec le lieutenant Saxa pour cette affaire. Par conséquent, si vous voulez une copie du dossier, je vous prierai d’aller remplir le formulaire adéquat à l’accueil, j’ai autre chose à faire que courir après ce genre d’informations pour savoir à qui envoyer quoi."

    J’aurais dû me calmer et être cordial avec lui, je le savais bien. Mais il était désagréable, il m’avait fait râter ce que j’étais en train de faire, et se comportait comme si j’étais à disposition, et à ses ordres. Deux choses particulièrement désagréables, ce n’était pas parce que lui, il allait sur le terrain que mon travail n’était pas prenant.

    "A présent, j’aimerais travailler, vous m’avez déjà fait perdre du temps en m’interrompant, j’apprécierais que vous ne m’en fassiez pas perdre plus à expliquer mon travail à quelqu’un qui, de toute évidence, n’est pas apte à le comprendre. Laissez vos coordonnées à l’accueil, et vous aurez ce que vous avez demandé quand j’aurai le temps."



    Zayn Aresham
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    La manière dont Edward réagit à ma demande d'information sur les autres drogues me fit froncer les sourcils, me donnant accessoirement envie de lui briser les dents pour lui apprendre à se montrer plus courtois dans sa façon de me parler. Je serrai le poing pour n'en rien faire. S'il s'était agi d'un inconnu dans la rue, je n'aurais sans doute pas réussi à me retenir, mais là… J'inspirai profondément pour contenir l'agacement que je ressentais et hochai la tête.

    "Comme vous ne semblez pas vous en douter… J'ai autre chose à faire, dans le cadre de mon travail, que de faire des recherches sur des drogues au milieu du désert. Donc un récapitulatif sera parfait."

    Je n'allais pas, non plus, le remercier pour un service qu'il me rendait de si mauvaise grâce, et je n'ajoutai rien. Je faisais déjà l'effort de passer outre son attitude et son ton, il ne fallait pas m'en demander plus… Et je repris le fil de la discussion, comme si je n'avais pas été sur le point de lui mettre ma main dans la figure.

    A sa demande, j'amorçai un geste pour lui rendre son dossier, avant de soupirer lorsqu'il me le prit des mains sans attendre. Comme si j'allais le lui garder alors qu'il voulait le consulter… Je ramenai ma main à moi d'un geste clairement agacé, et eus un grognement agacé à sa manière de me pointer une ligne de ses papiers.

    "Très bien. La prochaine fois, rappelez-moi de prendre bien le temps de lire chaque mot avant de vous poser une question. Qu'importe le temps que je vous ferai perdre à attendre que j'ai terminé, je ne vous obligerai pas à me montrer rapidement l'une des nombreuses informations que vous avez consignées."

    Vu la tournure de la discussion, je ne tenais pas à la faire durer plus longtemps, et je me contentai de poser une dernière question, sur le rapport qu'il allait envoyer. Et sa réponse… Son ton désagréable, ses insultes, sa manière de m'envoyer voir ailleurs… Plusieurs fois, j'eus envie de lui hurler de se taire, et… Peut-être aurais-je mieux fait, au final, puisque lorsqu'il se tut enfin, je n'y tins plus.

    Me levant brusquement, sans me soucier de renverser la chaise qui tomba derrière moi, je levai la main et lui assénai une gifle sèche, mesurant ma force pour qu'il la sente bien mais que je ne risque pas de le blesser plus que je ne le voulais. J'avais le regard à la fois dur et assuré, et j'abaissai mon bras, parfaitement calme.

    "Ceci afin de vous rappeler de surveiller votre langue la prochaine fois que vous parlez à quelqu'un qu'on a surnommé "la brute". Je ne suis pas aussi civilisé que vous semblez le penser, et je n'apprécie pas tellement qu'on m'insulte, même de manière déguisée."

    J'avais parlé d'un ton mauvais, et je me penchai ensuite pour récupérer ma veste tombée à terre, l'enfilant en étant toujours aussi calme. Je n'avais plus rien à faire ici, après tout, et ce n'était pas le plaisir de sa compagnie qui allait me faire m'attarder.

    "Cela étant dit, je vais vous rendre à votre fabuleux travail. Mais songez que nous attendons tous votre rapport, essayez de ne pas prendre trop de temps pour le faire. Ce serait préférable. Et puisque je ne suis pas assez intelligent pour comprendre, épargnez-moi vos excuses ou explications sur le fait que vous avez besoin de temps pour vous en occuper."

    J'eus un sourire tout sauf affectueux, ajoutant sans lui laisser le temps de reprendre la parole :

    "Et inutile de m'ordonner de sortir, c'est précisément ce que je vais faire. Au revoir, monsieur Frayer, travaillez bien."

    Je le fixai encore quelques secondes, avant de me détourner pour me diriger vers la porte. Et tant pis s'il se plaignait et que j'avais des ennuis, il m'avait trop énervé.




    Edward Frayer
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    Insupportable. Vraiment, quelqu’un ne m’avait jamais autant agacé que Zayn, et j’avais du mal à garder un semblant d’amabilité envers lui. Dans un sens, il ne faisait strictement aucun effort… Certainement fut-ce un mélange de tout cela, additionné au fait qu’il me faisait perdre du temps, qui me fit sortir de ma réserve habituelle.

    Je sursautai lorsqu’il se leva d’un coup, et n’eus pas le temps de râler pour le fait qu’il n’avait pas à faire tomber le mobilier. Je poussai un cri de surprise et de douleur, sans savoir laquelle des deux était la plus intense. Je le fixai sans comprendre, posant la main sur ma joue brûlante alors qu’il me remettait à la place qu’il estimait être la mienne.

    Je clignai des cils en l’écoutant, me crispai lorsqu’il se penchait en l’imaginant déjà me frapper à nouveau. Et pourtant, je ne bougeais pas. J’essayais de ne pas penser à la manière dont j’avais appris que mon père venait de rejeter Maxine, même si le schéma était le même : j’avais ouvert la bouche alors que j’aurais dû baisser la tête et obéir docilement.

    Je baissai les yeux, incapable de supporter de le voir étaler sa supériorité physique évidente, tout comme je fus incapable de le saluer ou le répondre. Ce ne fut que lorsque la porte se referma derrière lui que je me redressai, attrapant la chaise qu’il avait fait tomber pour la remettre en place.

    Je m’arrêtai en plein mouvement lorsque je réalisais que mes mains tremblaient. Il était venu, m’avait fait perdre du temps, s’était montré impoli, m’avait frappé et me laissait dans un état de stress particulièrement désagréable. Etais-je à ce point une loche, pour le laisser m’écraser comme ça sans rien dire ?

    Je pris une inspiration et me passai la main dans les cheveux, rouvrant la porte en cherchant Zayn du regard. Je pouvais le rattraper en quelques enjambées, si je me dépêchais, et je n’hésitais pas à le faire, lui attrapant fermement le bras pour le forcer à s’arrêter et à se retourner vers moi.

    "Lieutenant Aresham !", l’interpelai-je, les joues rouges de colère. "Je vous interdit de me frapper pour appuyer votre point de vue, ou d’estimer qu’un quelconque surnom vous en donne le droit, ne vous cachez pas derrière lui.", grondai-je en le giflant une première fois.

    Je détestais me mettre en colère. Mon coeur battait plus vite, de manière particulièrement désagréable, et j’avais l’impression d’avoir le souffle légèrement plus court, peut-être à cause de ma gorge nouée. Je ne voulais pas me laisser marcher dessus à ce point...

    "N’essayez pas non plus de m’impressionner ou me faire peur, cela ne changera rien à ma manière de travailler. J’aurai tout de même la décence de ne pas pénaliser vos collègues à cause de votre attitude grossière et violente."

    Je lui asseinai une seconde gifle, de toutes mes forces cette fois. Certes, cela devait être moins douloureux ou impressionnant que ce qu’il pouvait déployer - et certainement avait déployé - comme force, mais quand même.

    "Et n’oubliez pas de laisser vos coordonnées à l’acceuil avant de partir, Lieutenant Aresham, je ne ferai pas l’effort de les chercher pour vous envoyer la moindre information.", terminai-je en lui jetant un regard le plus hautain possible dans mon état, en lui relâchant enfin le poignet.



    Zayn Aresham
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    S'il y avait bien une chose à laquelle je ne m'attendais pas, alors que je m'écartais de la pièce où Edward m'avait reçu, c'était certainement qu'il me suive.  Qu'il me crie dessus de loin ou qu'il porte plainte, oui, cela ne m'aurait pas étonné - bien qu'ennuyé, au moins pour la seconde possibilité. Mais qu'il me suive et m'interpelle de la sorte… Cela ne correspondait pas vraiment à l'attitude qu'il avait eue en se prenant ma gifle.

    J'avais froncé les sourcils lorsqu'il m'avait attrapé le bras avant de m'adresser la parole, et je me retournai lentement vers lui. Je me retournai, parce que je n'allais pas l'écouter en lui tournant le dos, mais lentement pour lui montrer que c'était parce que je le voulais bien. Et en un sens… J'étais curieux de ce qu'il pouvait avoir à me dire, pour m'avoir rattrapé ainsi.

    Son interdiction, cependant, ne manqua pas de me crisper. Je détestais que quelqu'un me donne des ordres sans en avoir le droit. Entre cela, et le fait qu'il m'accusait de me cacher derrière mon surnom… Certainement aurais-je répliqué sur un ton tout sauf doux et amical, s'il ne m'avait pas… giflé ?

    Pour le coup, je me figeai, en le regardant avec de grands yeux, sous le coup de la surprise. Une petite crevette rose comme lui qui osait, en plus de me donner des ordres, porter la main sur moi ? Et j'avais dans l'idée qu'il y avait mis toute sa force, même si cela me semblait dérisoire : j'avais l'habitude de fréquenter des soldats, pas des scientifiques fluets.

    Ce fut mon étonnement qui lui évita de se prendre immédiatement mon poing dans la figure. Le temps que je me reprenne, Edward avait repris la parole. Et… est-ce que j'étais en train de rêver, ou il me prenait de haut, à présent ? Mes lèvres formèrent une moue de colère, avant que je ne laisse échapper un hoquet, de surprise plus que de douleur, en me faisant gifler à nouveau, plus fort que la première fois.

    L'ingénieur lâcha mon poignet, en me déclarant… quelque chose. Je ne l'écoutais absolument plus, et je le laissai à peine terminer sa tirade avant de répliquer en lui mettant ma main dans la figure. Le poing fermé, cette fois. S'il voulait vraiment jouer au plus violent avec moi, il allait le regretter...

    "D'accord, je ne me cache pas derrière mon surnom. Ca ne change rien."

    La colère grondait en moi, m'empêchant de me retenir, et mon genou alla à la rencontre de son ventre. J'avais tout de même bridé un minimum ma force. Juste de quoi m'assurer que je ne risquais pas de lui casser quelque chose ou de le blesser réellement… Je me sentis à deux doigts de le frapper encore, mais, cette fois, je parvins à m'en empêcher. Ce n'était pas le moment…

    "Tu as de la chance que l'armée ait besoin de toi, commentai-je sèchement. Ceux qui lèvent la main sur moi s'en sortent moins bien, normalement."

    Je me détournai sans plus attendre, certain qu'à présent, il ne chercherait plus à me rattraper. J'allais certainement avoir des ennuis pour ce qui venait de se passer, mais… Je ne pouvais pas vraiment rattraper ce que j'avais fait. Et puis il m'avait mis en colère, et je ne laisserais jamais quelqu'un se comporter ainsi avec moi sans réagir.

    Je n'eus pas un regard en arrière alors que je m'écartais, et je pris calmement le temps de m'arrêter au niveau de l'accueil pour y laisser mes coordonnées. Pour prouver que je n'avais pas de crainte, même après l'avoir frappé ainsi ? Ou simplement pour voir s'il aurait le cran de refuser de m'envoyer les informations… Mais je verrais bien, songeai-je tout en quittant les laboratoires pour revenir chez moi.




    Edward Frayer
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    Je ne m’attendais, à nouveau, pas à me faire frapper et je criai de douleur, titubant de quelques pas en arrière. Je portai la main à mon nez pour vérifier qu’il ne saignait pas, peinant à réaliser qu’il venait de me mettre un coup de poing en plein visage. Et pourtant, je relevai un regard ahuri vers lui en réalisant que mes doigts étaient maculés de sang.

    J’écarquillai les yeux en réalisant qu’il s’apprêtait à me frapper encore, sans avoir le temps de dire ou faire quoi que ce soit pour éviter le coup qui me plia en deux, me forçant à expirer soudainement. La violence du coup me fit tomber à terre, et presque oublier la douleur qui avait explosé au niveau de mon visage.

    Je cherchai mon souffle, sentant les larmes me monter aux yeux. La douleur, la peur, l’humiliation… Je me crispai, gardant une main sur mon nez dans l’espoir d’endiguer au moins la douleur, le laissant se détourner sans chercher à le retenir.

    "Allez au diable.", grondai-je à voix basse, avant de repousser la main d’un collègue qui s’était précipité pour m’aider.

    Je n’avais pas envie d’apitoiement, même si je me sentais mal. Je voulais être seul, avoir le droit de me laisser aller. De toute façon… Je n’avais pas à rechigner, juste obéir et baisser la tête. Je le savais, depuis longtemps, me rappelai-je en m’enfermant dans des toilettes. Le bruit de l’eau pouvait sans problème dissimuler mes larmes, aussi nerveuses que dues à la douleur, et je me nettoyai rapidement pour palper mon nez. Au moins, si je couinais de douleur, je n’avais pas l’impression de couiner assez fort pour craindre que ce soit cassé. Maigre consolation…

    Une fois un peu débarbouillé, je me redressai et inspirai profondément pour me calmer. Mon ventre me faisait mal, là où j’avais été frappé, et je ne doutais pas d’avoir une marque énorme le soir même. Mais… A part ça, j’avais surtout le nez enflé et les yeux écarlates. J’eus un soupir agacé lorsqu’un collègue frappa à la porte et prit une inspiration, laissant échapper un simple “j’arrive”.

    Personne ne me dit rien quand je décidai de quitter le laboratoire plus tôt, je n’avais de toute façon pas le coeur à travailler. Et après être allé faire vérifier que mon nez n’était pas cassé, je rentrai chez moi. J’aurais voulu pouvoir me venger, mais je savais bien que… Je devais faire mon travail correctement, sans me prendre la tête avec des rancunes personnelles. J’aurais pu porter plainte, mais… C’était encore plus minable à mon sens, comme comportement.

    Cela ne m’empêcha pas, quelques jours plus tard, de lui envoyer un rapport qui, s’il contenait toutes les informations que j’avais pu rassembler, était beaucoup plus abscons que les autres, sans compter la différence de numérotation des figures. Qu’il se casse les dents dessus, ça lui ferait les pieds. Et s’il cherchait à me voir pour des explications, il pourrait toujours aller compter les grains de sable du déseet avant que j’accepte qu’il pose les pieds dans mon bureau à nouveau...



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