Agartha. Un désert, où cohabitaient nomades et sédentaires. Cependant l'assèchement progressif des oasis développa la cupidité des sédentaires qui se mirent en guerre les uns contre les autres. Les cités tombèrent une à une devant ce fléau jusqu'à ce qu'il ne reste que 1400. Les nomades quant à eux préférèrent éviter ces conflits en priant leur Divinité de leur accorder un sommeil de deux millénaires. Mais quand ils se réveillèrent, ils furent non seulement confrontés à des citadins beaucoup plus avancés technologiquement mais aussi à une hostilité tangible. Hostilité contre ces nomades ressurgit du passé mais aussi hostilité au sein même de la ville de 1400. Puis une nouvelle guerre éclata : la Révolution. Est venu à nouveau le temps du choix : se battre ou partir ? Ainsi naquit l’Exode, un mouvement rassemblant nomades et citoyens souhaitant fuir la guerre en partant par-delà les montagnes vers un territoire glacé où vit un peuple étrange.

Lorsque le passé et le futur se rencontrent...


    Une plume et un sourire [Sola]

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    Sola Guening
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    Citadine
    Arme : Une plume acérée!
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    Sola Guening
    Chaque vie mérite d'être écrite.
    Chelsea || Akame Ga Kill
    "Mon nom est Sola Guening et je suis une fille de 17 ans. Je suis hétérosexuelle et je suis actuellement célibataire. Mon principal défaut est mon inconscience et ma qualité majeure est mon empathie."

    ► Nomade ou Citadin? Citadin
    ► Le Groupe: Civil
    ► Taille: 185 cm
    ► Poids: 65 kg
    ► Arme: Une plume acérée!
    ► Famille: Ses deux parents, qu'elle a abandonné, et son petit frère qu'elle voit de temps en temps.
    ► Date de Naissance: 9 Juillet
    ► Emploi: Auteure
    La première chose qui me marqua dans l’apparence de Sola Guening furent ses cheveux. Très longs, fins, et, surtout ; rouge carmin et éclatants, flamboyants dans la lumière faible du lampadaire qui l’éclairait. Ils retombaient presque sur le banc, de chaque côté de son visage, droits et lisses, et bouclant un peu avant de se poser son dos courbé. Rien qu’au-dessus de son visage, elle avait déjà une présence brillante. Cependant, sa mèche m’empêchait d’apercevoir son visage, me forçant à étudier son corps, assis sur ce banc, et avidement penché sur un ordinateur, lui posé sur ses genoux.

    Elle avait de longues mains, couvrant la totalité de son clavier. Elle portait, ce qui la faisait d’ailleurs briller encore plus, un chemisier blanc ainsi qu’un veston, que je devinais noir, et s’accordant magnifiquement avec ses cheveux. Les seuls éclats de lumière en provenaient, je supposai donc qu’elle ne portait pas de bijoux.

    Elle prit une inspiration, stoppa son manège créateur et littéraire, se redressa légèrement, dégagea ses joues des cheveux dans lesquelles elles étaient empêtrées. Je pus ainsi étudier en un instant son visage, que je peine à restituer ici. Elle avait des traits manifestement marqués, une peau qui criait littéralement une foultitude d’émotions éparses, qui avaient dû s’imprégner dans les emplacements les plus subtils, comme les commissures de ses lèvres, et les coins de ses yeux. Sa tête ne portait aucune trace de déguisement, de maquillage, et montrait d’emblée une personnalité forte, et sincère. Un jeu d’ombre animait son simple facies, empreint d’une jeunesse totale et explicite. C’était le visage d’une femme passionnée, vivante, énergique. Elle avait des yeux clairs, uniquement éclairés par la faible lumière qui s’échappait de son écran, et la chape de lueur dont la recouvrait le lampadaire. Et le reste visible de son corps était, paradoxalement, d’une douce finesse. Ce tableau mouvant me fit une grande impression, et me força à me rapprocher. Elle avait déjà repris sous ses mains sa rage créatrice. Je les fixai donc, ces seuls éléments que je n’avais pas encore étudié en détail.
    Je ressemble à ça...


    Elles s’agitaient, tout autour du clavier blanc, à une vitesse stupéfiante, les rendant presque floues. Elles étaient disposées sur toutes les touches, permettant à ses doigts d’effectuer des mouvements précis, saccadés, répétitifs, et très rapides. Parfois, elle tapait un mot si vite que toutes les lettres s’inscrivaient à l’écran en même temps, mais dans le désordre, l’obligeant à effacer puis recommencer, et produisant ainsi une série de tics agacés dans ses doigts. La cascade de pressions entraînait un son sec et complet, s’accordant magnifiquement avec ce mouvement qui paraissait absolument sans fin. Elle ne prenait aucune pause, aucune marque dans son expression, et se contentait d’aligner mot sur mot, expression sur expression, avec une vélocité inhumaine. Elle paraissait, véritablement, possédée, habitée par un démon littéraire, une muse maléfique ayant pris possession de ses mains et de son esprit pour crier au monde un texte d’une beauté sans pareille.

    Car, elle avait légèrement remonté ses jambes, m’allouant la possibilité de lire ce qu’elle écrivait. C’était une fiction, plutôt quelconque sur son fond, mais le style et la vitesse incroyable de sa création lui donnait une dimension toute autre, et fascinante. Il était impossible de déterminer qui, de son imagination ou de ses mains était le plus rapide, mais il était certain que les deux se menaient une concurrence acerbe, dont résultait une œuvre d’une grande qualité.

    Puis, la jeune femme leva la tête. Elle fixait un point de l’horizon, le regard vague, mais ni vide ni vitreux. Je ne s’en rendis cependant pas immédiatement compte, car le manège de ses doigts fins continuait de marteler le clavier. Quand je réalisai qu’elle ne portait aucune attention à son texte, les théories les plus invraisemblables se formèrent dans mon esprit. Pour qu’elle puisse ainsi, regarder le paysage, et créer continuellement, son esprit devait avoir marqué une parfaite césure, entre la femme, et l’auteure, et le conscient et le subconscient, entre la vision et l’imagination. Elle était capable d’écrire, comme n’importe qui était capable de respirer, ou de marcher, ou d’exécuter un réflexe primaire. Ainsi présenté, son être paraissait, incroyablement écrivain, totalement créateur, puisque capable d’écrire sans réfléchir, d’avoir un sens littéraire au-delà de sa propre conscience. A moins qu’un réel démon se charge d’écrire à sa place, ce que j’envisageai ironiquement.
    J’étais suffisamment subjugué pour en oublier d’observer son visage ; pourtant maintenant bien visible. Je finis toutefois par relever la tête, sentant un regard peser sur moi.
    La jeune fille se tenait, tournée, les mains toujours occupée à écrire, mais le visage fendu d’un sourire moqueur. Réalisant que je devais être en train de la fixer depuis plus de dix minutes, je reculai, très gêné. Mon interlocutrice s’en rendit compte, tourna son ordinateur vers moi, et prit la parole. Je ne rapporterai cependant pas ici ses mots.

    Mon objectif ici était de rapporter, le mieux possible, le génie créateur qui animait l’esprit de Sola. Accordé avec son jeune âge, cela me persuadait qu’elle aurait un avenir brillant. Mais, durant la conversation qui suivit, elle fit preuve d’autres traits mentaux que je vais énoncer.
    C’est une femme d’une immense empathie. D’autant que j’ai pu en juger, elle ne vouait de haine à personne, et s’attachait systématiquement, combinant sa gentillesse manifeste à un optimisme quasi pathologique. Aussi invraisemblable que cela paraisse, durant les deux heures de notre conversation, je ne l’ai entendu proférer aucune mauvaise parole, et ne montrer aucune animosité. Elle aimait, purement, primairement.
    Mais je réfléchissais à ce que cette personnalité impliquait. Une telle insouciance, un tel espoir si systématique, était le quotidien que quelqu’un qui fuyait. Que ce soit sa vie, son passé, ses souffrances, ses problèmes : elle affrontait tout en souriant, ne prenant ainsi jamais le temps de réfléchir profondément sur un sujet, ne cherchant jamais à se remettre fondamentalement en question. Elle fuyait les problèmes, pas par peur, mais par aversion pour la tristesse. Sa bonne humeur pathologique la privait de profondeur, de sérieux. Pour ne pas l’incommoder, j’évitais des sujets trop sérieux, mais la véracité de mon analyse fut prouvée à plusieurs reprises durant notre dialogue.

    Nous avons également abordé le sujet de son art. Là aussi, sa personnalité m’étonna, et détonnait. Je compris rapidement qu’elle n’avait aucun contrôle, aucune forme d’emprise, sur son écriture, sur son style, et laissait complètement cette partie de son être à son subconscient. Elle avait dû, pour cela, développer une forme de transe, de méditation, au-delà des limites humaines, et je n’en étais que plus intrigué par ce phénomène. Egalement, elle agissait uniquement par passion. Quand j’évoquai l’argent, elle me riait au visage, trouvant de l’absurdité dans chacun de mes propos ; m’assurant qu’elle se contentait de créer, et qu’elle avait simplement besoin d’assez d’électricité pour vivre. Elle publiait des recueils de nouvelles, et se contentait des gains des ventes pour vivre, dans des hôtels bon marché. Elle passait cependant l’intégralité de ses journées à voyager, à parcourir les rues, la ville, via le bus, ou en marchant. Ce qui lui restait allait à son frère, payait ses études, son loyer, en partie.

    Sola aimait voyager. Je l’ai constaté à de très nombreuses reprises, mais marcher, ou avancer d’une quelconque manière était la seule manière pour elle d’organiser ses pensées en mots, en phrases. Quand son corps bougeait, elle arrivait à se séparer du monde matériel, se détachant de sa conscience du temps et de l’espace, quittant la réflexion, et s’adonnant au simple exercice créatif au sein de son imagination. Elle avait besoin de mouvement autour d’elle pour animer son cerveau. Ces voyages l’avaient amenée à de nombreuses reprises à des endroits improbables de 1400, ou du désert, ce qui lui avait également fait rencontrer de nombreux nomades, et citadins.
    Quand je la rencontrai, elle travaillait sur un recueil nommé « Rencontres », relatant des rencontres fictives entre elles et des personnages imaginés. Elle avait un style d’écriture très marqué, se détachant de la plupart des œuvres par un vocabulaire fourni, travaillé, et des phrases presque systématiquement imagées. Il en résultait des textes beaux, sincères, rêveurs.

    Un autre trait de sa personnalité peut être marqué. Sola a, fondamentalement, une personnalité d’esthète. Le temps qu’elle passait à écrire, elle le consacrait à écouter, lire, à observer, autant qu’elle le pouvait. Pour la citer, elle pense que « Les mots n’arrivent pas, comme ça, dans ta tête. Tu dois les chercher ailleurs, quelle que soit leur forme. » Elle était donc passionnée, mais faisait preuve à ce sujet de peu d’ouverture d’esprit. Si elle a pu se montrer généreuse, tolérante, à propos de n’importe quelle personnalité, son avis sur certaines œuvres m’a été donné crûment, avec un fort mépris sous-jacent. Mais ce mépris, envers tout ce qu’elle détestait, se changeait sur le reste en une passion et une admiration brillantes. Simplement, évoquer certains artistes, auteurs, ou même courants d’écriture, sapait instantanément sa bonne humeur, et la lançait dans de longs paragraphes, réduisant éloquemment une œuvre à néant. Même sa haine brillait, elle n’aimait pas détester, mais ne tolérait pas que certaines choses soient appréciées. Je finis par me garder d’évoquer ses goûts, même si eux aussi montraient sa personnalité. Elle méprisait l’incohérence, et l’absence de style ; en admirant l’humour, et le lyrisme, sobre. Elle détestait une œuvre impersonnelle, et particulièrement s’attachait à l’idée qu’un seul élément raté pouvait gâcher n’importe quelle œuvre, aussi bonne soit-elle. Elle n’était exigeante qu’avec l’art, et en particulier avec le sien : il lui arrivait, parfois, d’écrire des pages entières, puis sans aucun signe annonciateur, de tout effacer et de recommencer. Dépendre entièrement de son subconscient la dérangeait donc, car elle était finalement incapable de juger correctement ses textes.

    Ceux-ci avaient systématiquement des teintes musicales. C’était peut-être ce dont elle raffolait le plus, découvrir de nouveaux artistes, morceaux, albums, qui donnaient systématiquement à ses textes une ambiance, une musicalité qui accentuait encore leur beauté. Elle attribuait chaque nouvelle à un morceau en particulier, qu’elle se mettait à me présenter avec insistance. La musique était sûrement ce qu’elle voulait le plus partager, et elle montrait un grand respect envers ses interprètes favoris. Mais les chants la dérangeaient vraiment. Pour la citer, « notre langue ne se chante pas. Notre langue s’écrit, se lit. Mais elle n’a pas de réelle beauté musicale, et n’est pas faite pour cet usage. » Je comprenais ce sentiment pourtant purement subjectif, et m’étonnais du ton qu’elle employé en prononçant cette phrase. A l’évocation d’une sorte de maxime, de devise, elle cessa de me regarder, détourna le regard, et se mit soudainement à parler en bougeant les mains, manifestement gênée. Elle me confia plus tard détester « parler sérieusement », comme si elle réservait les belles lettres pour l’écrit. Car son langage, malgré sa personnalité manifestement lettrée, était familier, simple, sobre. Il ne portait aucune trace des images, des lourdeurs dans l’expression qu’elle employait à l’écrit. Ça, et son air avenant, son sourire constant, ainsi que sa capacité à épiloguer plusieurs minutes sur n’importe quel sujet, lui rendaient une conversation riche et agréable. Aucun sujet ne la dérangeait, et elle riait de tout, en plus d’être complètement honnête. Dialoguer avec elle était donc extrêmement reposant, et agréable. Elle arrivait, naturellement, à s’accorder la confiance des autres, et sa bonne humeur était particulièrement contagieuse.
    Durant notre première conversation, je ne pus toutefois pas établir son parcours, ce qui l’amena à posséder une telle personnalité. Ce que je vais rapporter là provient donc de nos dialogues suivants, qui furent assez nombreux pour me permettre de me faire une idée claire de son passé.
    Ce qui se passe dans ma tête


    Sola est née dans 1400, sœur ainée d’une famille riche, aisée. Elle a ainsi grandi d’abord dans le confort, et l’amour de ses parents. Ceux-ci étaient intègres, travailleurs : résolus à créer une situation aisée à leurs enfants, ils passaient leur temps à travailler, l’un comme l’autre. Sola ne comprenait pas cela. Ayant ainsi grandi dans l’opulence, et la solitude, elle ne comprenait pas que l’on sacrifiât sa vie pour un autre, qu’on se coupe de tout loisir. Et cette incompréhension lui fit remettre en question l’intégralité de son éducation ; elle se mit à penser que ses parents avaient tort, voyaient derrière leurs sourires leur envie de la contrôler, leurs rêves d’avoir une fille parfaite, qui se pâmerait dans leurs présents. Aujourd’hui encore, elle ignore si ses soupçons étaient vrais. Mais ils avaient fait naître en elle un goût prononcé pour l’absurde, pour le changement, pour le simple fait de briser la routine. Elle cherchait à « faire n’importe quoi », se lassa des cadeaux, du confort, de la facilité. Elle se lassa des études, pour lesquelles elle montrait pourtant des capacités surprenantes. Elle souffrait de son existence qui, en lui apportant tout, dans une simplicité totale, l’empêchait de rêver, de souffrir, de réfléchir. Son quotidien l’alourdissait, l’oppressait, son esprit lui paraissait piégé, enfermé dans une cage sombre, privé des stimuli que vivaient tous les héros des livres qu’elle dévorait. Elle commença donc par s’enfermer dans la lecture, dans le silence, nourrissant son esprit de mots à longueur de journée, découvrant histoire sur histoire, contenant son appétit spirituel par une activité constante. Elle fuyait les études, et passait son temps à lire. Ainsi, pendant les premières années de sa vie, elle assouvit sa soif de passion par la lecture. Mais elle devint, à l’adolescence, absolument indomptable.
    Lire commença à l’ennuyer, et elle se plongeait dans la musique, dans les arts ; mais toutes les émotions qu’elle ressentait ainsi étaient comme émoussées, amoindries, comme glissant sur son cœur, avide de souffle. Elle avait arrêté de réfléchir à propos de ses parents. Ils étaient la cause de sa souffrance, eux et leur stupide façon de penser, leur absence totale de loisir. Sola sortait la nuit, fuyait sa maison, parcourait les rues sombres de 1400, ravie, s’émerveillait devant les couleurs, devant l’animation de la ville, devant les quartiers fourmillant de monde.
    Elle développait une passion totale pour l’extérieur, et, en opposition, se sentait de plus en plus oppressée par son quotidien. Entraînée par ses élans, elle commença à parler, à se mêler aux gens, à discuter, en tête-à-tête, avec n’importe qui. Des discussions simples, complètement éphémères, mais agréables, et qui, à chaque fois, lui permettaient de s’imprégner d’autres vies, beaucoup plus complexes et riches que les descriptions qui peuplaient ses livres. Elle écoutait les histoires, les passés, elle s’intéressait aux raisons qui poussait les individus à être ce qu’ils étaient, aux conséquences de leur expérience sur leur présent. Mais quand elle en venait à devoir parler d’elle, elle fuyait, refusant absolument d’évoquer son quotidien nauséabond dans un lieu où elle pouvait être heureuse. Ses heures de bonheur étaient peu fréquentes, elle ne voulait donc jamais les gâcher par l’évocation de souvenirs douloureux. Elle inventait donc, s’inspirant de toutes les histoires qui lui avaient été contées, des dizaines d’autres vies, et s’amusait à les connecter à la sienne. Elle se révéla incroyablement talentueuse pour cette activité, son esprit assemblant de lui-même des centaines d’éléments dans une furie créatrice et subconsciente. Elle s’amusa donc à consigner toutes ces idées, à les coucher sur papier. Elle ne mentait pas, à proprement parler, mais créait des histoires, sur le fond similaires à la sienne, mais qui dans leur nouveauté l’empêchait de revivre toute la douleur assourdissante qu’il lui apportait.

    Elle réassemblait, ensuite, sur le papier, à travers des personnages, tous les éléments de sa vie, et de celle des autres. Les histoires lui venaient systématiquement, et elle s’amusait, après les avoir imaginé, à les confronter à ses interlocuteurs innombrables. Elle s’amusait de voir à quel point il était simple d’amener un homme à se confier, avec quelle facilité elle arrivait à percer les secrets de n’importe qui, soit en l’entendant directement, soit en comprenant ses raisons, en entendant ce qu’il y avait derrière les mots.

    Son « don » fut mis en échec la première fois un soir pluvieux, alors qu’elle discutait, sous un abri, avec un jeune Favori de la Gazelle, basané, qui finit, après une discussion, par la fixer dans les yeux, et dans un rire franc, lui demander s’il était crédible ; lui expliquant ensuite qu’il avait inventé toute son histoire, ce qu’elle n’avait absolument pas soupçonné. Il se moqua d’elle, de son inexpérience, de son manque de discrétion. Elle n’apprit jamais son réel passé, mais ils consacrèrent leur soirée à une discussion qui restait une source d’inspiration pour elle. Parler sincèrement, discuter directement de ses habitudes, de ses mensonges, avec un homme qui la comprenait bien plus qu’elle ne se comprenait elle-même, la soulagea d’un poids dont elle n’avait pas encore soupçonné l’existence. Et surtout, vivre enfin une conversation avec quelqu’un qui la dépassait, un réel dialogue qui lui posait une difficulté, amplifiait encore l’exotisme, et la fascination qu’elle développa pour le nomade. L’homme lui offrit son goût pour les voyages, pour le désert, et surtout amena en elle l’idée de devenir auteure, plutôt que de simplement profiter de sa créativité pour son propre plaisir.
    Sous ses conseils, elle commença à écrire sérieusement, à consacrer ses journées et ses nuits à écrire, nouvelles et romans, à un rythme incroyable. Elle rencontra un éditeur, qui, devant le talent et la jeunesse de Sola, approuva immédiatement, et publia ses œuvres.

    Depuis déjà quelques semaines, ce jour-là, elle fuyait ses parents, s’enfermant complètement dans sa chambre, et ne leur adressant presque plus la parole. Elle ne voulait pas de confrontation directe, elle ne voulait pas un réel conflit. Son goût prononcé pour les discussions éphémères, les rencontres uniques, avait créé en elle une aversion totale pour toute discussion sérieuse, qui amènerait des cris, de la colère, des conséquences, des problèmes. Elle voyait son petit frère souffrir de sa condition, lui aussi, mais était pour l’instant trop jeune pour vraiment s’opposer. Elle savait quoi dire pour l’aider, elle savait qu’il avait besoin d’elle, qu’elle aurait devrait pouvoir s’opposer à ses parents, pour lui. Mais elle n’y arrivait pas. La simple pensée d’un évènement aussi sérieux, aussi désagréable, la dérangeait profondément. Elle recommença à sortir la nuit, à fuir son quotidien, à fuir des responsabilités qu’elle s’imposait elle-même.

    La vente de ses premiers ouvrages, qui connurent un réel succès, lui faisaient entrevoir d’autant plus la possibilité de fuir, de faire sa vie seule, de quitter physiquement ce qu’elle ignorait déjà. Elle en discutait avec son éditeur, mais n’y réfléchissait jamais de son propre chef, et cela même quand sa notoriété croissante l’amena finalement à pouvoir vivre de ses ventes, à pouvoir se séparer de sa famille. Mais dans tous les cas, elle restait trop attachée à son petit frère pour s’éloigner définitivement de lui, et continuer à ne pas parvenir à se résoudre à parler sérieusement à ses parents. La situation n’avançait d’autant pas qu’elle fuyait ce dilemme, se refusant d’y penser chaque fois que son esprit l’y amenait.

    Le soir qui l’amena finalement à suivre ses désirs, à se libérer de toute entrave, son frère ouvrit la discussion, alors qu’ils étaient tous les quatre attablés, autour d’un repas, frugal pour les parents, et abondants pour les enfants. Alors qu’un silence gênant régnait, depuis quinze minutes, il demanda, ouvertement :

    « Pourquoi personne ne parle ?

    Il ne reçut d’abord aucune réponse. Puis Sola prit la parole, détachant chaque syllabe, ne pouvant retenir la vague de mépris qui lui venait à l’esprit.

    « Parce qu’ils sont incapables de comprendre que je ne prenne pas la parole, tu vois. »

    Trop de colère, trop de frustration, de solitude, une vie trop différente de ses rêves, des espoirs trop accessibles. Trop de sentiments négatifs pour qu’elle s’empêche de répondre, une émotion trop forte pour la réprimer, l’avait finalement amenée à ce qu’elle détestait. Toute la laideur de la vie qui l’entourait, tous les miasmes désespérants autour d’elle exhalaient de plus belle leurs infections nauséabondes ; elle ressentait plus que jamais tout ce qui la faisait tenir ce lieu en horreur. Elle n’arrivait pas à écouter, à regarder, ses parents, elle n’arrivait pas à ressentir quoi que ce soit face à leur colère. Son esprit, ses pensées, étaient complètement absorbées, annihilées par la simple pensée de la haine, pure et violente, prenant finalement le pas sur sa conscience. Sans avoir prêté aucune attention au dialogue, auquel elle devait avoir répondu avec véhémence, elle partit, son ordinateur dans une sacoche, le reste de sa vie dans un sac sur son dos, elle était dehors, en pleine nuit. Face aux étoiles, au silence.

    La force de ce qu’elle venait de ressentir commençait à agir sur elle, à mesure qu’elle quittait sa transe de dégoût et de douleur. Son cœur se serrait, ses épaules se contractaient, ses lèvres également. Elle lâcha une seule larme avant de reprendre sa marche, face à la lune, laissant derrière elle toutes ses entraves.

    La nuit aidant, son optimisme rétablit rapidement sa lucidité. Elle cessa de penser aux poids, qu’elle venait justement d’abandonner. Elle profitait, uniquement. Profitait de ne plus avoir aucune attache, aucun devoir. Elle vivait pleinement sa vie d’auteure, une vie exaltée, enfin libéré de toute pollution, de toute contamination. Quand elle le pouvait, elle écrivait, elle parlait, elle discutait, elle découvrait, elle voyageait, à travers la ville, le désert. Elle partait s’intéresser à chaque vie, à chaque histoire, avec un intérêt renouvelé. Elle cessait de mentir, sur son passé. La blessure était refermée, elle pouvait la frapper autant qu’elle le souhaitait. Elle était heureuse. Libre. Sauf quand les interlocuteurs la quittaient, quand elle n’arrivait plus à écrire, quand son subconscient finissait par tenter de teinter son bonheur, de l’assombrir.

    Parfois, des crises violentes venaient la perturber, lui montrant à quel point sa vie, son équilibre, était instable. Des crises pendant lesquelles tous ses défauts la hantaient, tous ses regrets. Et dont personne ne pouvait la sortir. Elle avait avancé trop vite, et trop loin. Et si les bases de tout ce qu’elle avait construit, avec autant de passion, étaient remises en question, alors son esprit entier était retourné, perturbé.
    L'histoire de ma vie


    HRP
    Dans la réalité je suis...
    ► Pseudo(s) fréquent(s): Lykann.
    ► Tu as quel âge? 17 ans, sans surprise.
    ► Tu nous as trouvé où ? Via un conseil de mon moi-passé.
    ► Est-ce que c'est ta première inscription sur un forum RPG? Même pas.
    ► Comment tu trouves le forum? Génial. En même temps, y a des images de Free. Je vois pas ce que j'aurais pu dire d'autre.
    ► T'as un autre compte? Lequel? Elikann Mu'Sajeb! Ou Elytomique le Terrible.Mouhahahaha, je sais que mes surnoms sont terribles. Victory
    ► T'as pas un truc à nous dire hein? Meh.
    ► Code du règlement: Bouffé par un emmerdeur professionnel qui a la dalle, pour ne jamais vous servir. Héhé... 8D

    Code de Frosty Blue de Never Utopia
    Nour Mu'Zineb
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    Fille du Serpent
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    Date d'inscription : 24/10/2014

    Alors déjà, laisse-moi dire WAOU :o

    Comme d'habitude ton style d'écriture est absolument magnifique! C'est vraiment un plaisir de lire tout ce que tu écris. Que ce soit le physique, le mental ou l'histoire tout est raconté avec soin, sans parler de la qualité de l'ensemble (j'ai même pas vu de fautes!). J'ai particulièrement aimé la description mentale. Je trouve que la manière dont tu as dressé son portrait est très habile, d'autant que la description est très complète sans pour autant être redondante. Tu nous présente Sola de manière très agréable et de façon à ce qu'on ait tout de suite une image très claire d'elle. Elle est originale tout en restant particulièrement réaliste, ce qui n'est pas toujours évident. A vrai dire j'ai tellement de choses que je pourrais dire dessus que je n'arrive même plus à m'exprimer clairement pour le faire parvenir x)

    Je pourrais passer des heures à te dire à peu près la même chose sur l'histoire: c'est magnifique, tellement bien écrit, très réaliste, très crédible, 'es-tu un génie?', etc. Je vais t'épargner parce que pour le coup c'est moi qui serais redondante  Cool

    Je vais quand même dire que j'ai trouvé l'histoire de Sola très touchante, d'autant qu'on a vraiment le sentiment que cela pourrait arriver à n'importe qui. On peut se retrouver sans mal dans le sentiment d'oppression que tu décris et j'ai trouvé que tes mots sonnaient particulièrement vrai. Je ne sais pas si tu parles d'expérience ou si c'est de la pure fiction mais dans tous les cas, tu as fait parvenir avec brio les émotions de Sola et par là même on comprend parfaitement ce qui l'a poussé à partir de chez ses parents, et à vivre comme elle le fait.

    Tu m'as vraiment bluffé avec cette fiche en tout cas. Me voilà tout émoustillée, j'ai du mal à m'en remettre :giggle:

    Chapeau, comme on dis dans nos contrées, et j'ai hâte de suivre les progrès de Sola sur Agartha. Attends-toi à te faire agresser pour des liens, parce que je ne vais pas lâcher le morceau! :poke:
    Le Créateur
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    Messages : 146
    Date d'inscription : 04/04/2014


    Bienvenue !

    ✥ Encore une fois BRAVO pour cette fiche sublime! C'est pas bien de jouer les favoris mais tu as un des plus beaux styles d'écriture que j'ai eut le plaisir de lire et c'est avec un immense plaisir que te valide!

    ✥ Tu peux dès à présent, remplir entièrement ton profil si ce n'est pas déjà fait, recenser ton personnage ici, ton familier ici si tu en as un ( d'ailleurs si tu veux le rajouter dis-le moi et je ré-ouvrirai ta fiche /O/ ), ton arme ici, et créer une fiche de RP ( ou de Topic ), et une fiche de liens. o/

    ✥ Je te souhaite encore une fois la bienvenue parmi nous et j'espère que tu te plairas toujours autant sur Agartha avec ce deuxième compte! Very Happy
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      La date/heure actuelle est Mar 12 Déc - 5:43