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Lorsque le passé et le futur se rencontrent...


    Fraternelles engueulades [PV TJ]

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    Edward Frayer
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    Arme : fioles de poison
    Messages : 146
    Date d'inscription : 13/01/2016

    La soirée avait été horrible. J’en ressentais encore les crispations, le mal de crâne lancinant, la vague nausée qui venait du fait que je m’étais forcé à manger, malgré mon ventre noué d’angoisse. Par conséquent, je préférais prendre mon temps et marcher dans la ville pour me détendre, plutôt que me retourner dans mon lit, seul. Dire que j’avais manqué une soirée avec Zayn, ce qui était synonyme de réussir à dormir correctement et de me sentir bien, pour me retrouver seul face à mon père…

    Initialement, je n’aurais pas dû subir ça. Pas tout seul, en tout cas. Mais bien sûr, TJ m’avait fait faux-bond. Comme si ça n’avait aucune importance, que je sois seul à supporter les reproches… Sur son attitude, sur la mienne, sur le fait que j’aie mauvaise mine, que je n’étais pas… Je ne savais même plus, à la fin. Je faisais des efforts pour qu’il soit satisfait, pourtant…

    Je savais que j’allais passer plusieurs jours à ruminer ce que Père m’avait dit. A essayer de voir ce que je pouvais rectifier… J’aurais peut-être simplement dû être soulagé qu’il n’ait pas découvert, pour Zayn et moi. J’avais dans l’idée qu’il n’apprécierait pas du tout que je sois gay, que le “tapette” dont me gratifiait si souvent mon lâche de frère soit une réalité. Mais à la place, j’étais… furieux contre TJ. S’il avait été là, au moins, on aurait pu faire front tous les deux. Au moins être deux à se partager les reproches…

    Ce fut en passant devant chez lui et en remarquant de la lumière que je m’arrêtai et décidai de grimper. En plus, il était chez lui, à paresser ? Sérieusement ? Il allait m’entendre. Ca ne changerait rien, mais au moins, peut-être cela lui mettrait-il un peu de plomb dans la cervelle… Et ensuite, j’allai dormir chez Zayn. Tant pis si j’arrivai à 1h du matin, je savais qu’il ne me laisserait pas dehors.

    Bien décidé, je grimpai les étages qui me séparaient de chez mon frère et tambourinai à sa porte, attendant qu’il ouvre pour entrer chez lui d’office, appuyant sur son torse. J’étais assez furieux pour que mes joues soient rouges, et je fronçai les sourcils, les yeux baissés sur lui.

    "Terence Junior ! Nous avions un repas, ce soir ! Tu m’as totalement laissé tomber, et tout ça pour quoi ? Je te retrouve tranquillement chez toi !", criai-je, avant de claquer la porte derrière moi. "Encore, tu aurais eu la décence d’être absent, mais non ! Tu te fous de ma gueule, vraiment ! C’est quoi ton excuse, cette fois ? Et ne me dis pas que tu as oublié, je t’ai envoyé un message cet après-midi pour te le rappeler !"

    Je m’arrêtai, plus pour reprendre mon souffle que pour le laisser répondre, et me dirigeai vers la cuisine pour me servir un grand verre d’eau, le boire cul-sec, avant de me remettre à engueuler mon irresponsable de frère.

    "Père était furieux que tu ne sois pas là ! C’était comme si j’étais responsable de ton absence, tu sais très bien qu’il réagit toujours comme ça, j’en ai assez de ramasser les pots cassés après toi, parce que t’es toujours trop occupé à te regarder le nombril ! Ca tombe toujours sur moi !"

    Je m’arrêtai pour reprendre mon souffle et croisai les bras. Je ne savais pas ce que j’attendais… Des excuses, certainement, même si je doutais d’en avoir…



    Terence J. Frayer
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    Techniquement, je devrais me préparer. Techniquement, je devrais être en train de me préparer pour me rendre chez père. Pour un repas. Je suis invité, et Edward m'a envoyé un message plus tôt dans la journée pour me le rappeler. Comme si je ne le savais pas.

    Et comme si j'allais me montrer.

    Très franchement, non merci. Et je pourrais me montrer plus vulgaire. J'ai juste pas envie de me prendre la tête, ce soir. Et je ne suis certainement pas motivé à entendre père me critiquer. Franchement, il n'en a pas marre ? À croire qu'il n'a jamais rien appris d'autre qu'à engueuler les autres de sa vie. Heh, c'est peut-être ce qui l'a poussé à s'engager dans l'armée, il était bon à gueuler sur les autres.

    C'est avec un sourire moqueur que je vaque à mes occupations. J'ignore l'appel que je reçois de père, probablement pour savoir si je me rendrai au dîner. C'est pas parce que je suis invité que je vais me montrer, surtout chez lui. Je suis pas parti pour rien. Il le réalise, au fait ? Ou il a vraiment aucune idée de ce que je pense ? Nan, en fait, il veut surtout me remettre dans "le droit chemin". Rah, à penser à lui, je l'entends déjà, ce disque rayé.

    Je décide donc de m'occuper. Je me prépare mon propre repas, et pose mes fesses dans mon canapé, devant un film. J'en attend la fin pour faire ma vaisselle, avant de retourner au salon jouer à quelques jeux vidéos. Je ne vois plus les heures passer, et lorsque j’éteins la console parce que je n'arrive pas à progresser, je décide d'aller passer mes nerfs sur mon sac de frappe. Rien de tel qu'un peu d'exercice et qu'une douche chaude pour se détendre avant d'aller dormir.

    Oui, mais voilà, ça ne peut pas être aussi simple. Alors que je me mets à peine à frapper le sac, on frappe à ma porte - pardon, on essaie de la défoncer à coups de poings. Je n'hésite pas à aller ouvrir, quoique sur la défensive, et je suis un peu surpris de voir une tempête rose déferler sur moi. Il me pousse pour rentrer, claque la porte. Et, réflexe de ma part, il gueule, alors je gueule aussi. En plus, je suis toujours un peu sur les nerfs à cause de mon jeu.

    « Mais j'en ai rien à foutre, qu'on ait eu un repas ou pas ! Ça change rien, pour moi, j'ai pas envie de le voir, j'y vais pas ! »

    Je le suis à la cuisine, sans m'arrêter de gueuler dans son dos alors qu'il se sert un verre d'eau.

    « Mais qu'est-ce que tu me reproches, bordel ? Il aurait dû être content de pouvoir dîner en tête à tête avec son fils prodige que tout le monde adore dans l'armée ! »

    Vouais, j'ai reçu un commentaire d'un de mes supérieurs. Comme quoi je devrais être plus sérieux, comme mon frère. Voui, je lui en veux un peu, à lui autant qu'au lieutenant.

    Je sais que ce n'est pas vrai. Je sais ce que père a pu reprocher à Ed. Et, comme ce dernier le dit si bien, je sais qu'il réagit toujours comme ça. Mais il peut toujours se carrer le doigt dans l'œil avant que je n'admette qu'il a raison.

    « Mais c'est pas de ma faute si tu te défends pas lorsqu'on va te voir, comme si t'étais responsable de mes actes ! C'est pour ça qu'ils viennent tous te voir, t'as qu'à les envoyer bouler, au moins t'arrêtera de venir me faire chier aussi tard pour ça ! »

    Il sembla attendre, sans doute des excuses de ma part. Ha, comme si j'allais lui en fournir. Lui fournir des excuses alors qu'il débarque chez moi pour m'engueuler ? Nan, sérieusement, il s'attend vraiment à ce que ça soit moi qui m'excuse ?

    « Bon, si t'as fini, tu veux bien me laisser aller dormir ? Nan, parce que me déranger pour ça, franchement... T'aurais pas pu attendre demain ? »

    J'ai une petite pause, avant d'ajouter :

    « ... Nan, en fait, me dérange pas pour ça. Ça vaut pas le coup. Mais au moins aie la décence d'attendre la journée si vraiment tu peux pas t'empêcher de me gueuler dessus ? »

    Je pousse peut-être le vice. Mais sérieusement, il devait vraiment arriver maintenant ? Et pas demain ?


    Dernière édition par Terence J. Frayer le Dim 13 Nov - 14:05, édité 1 fois




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    Quizz de Noël 2016:
    Edward Frayer
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    Qu’espèrais-je réellement, en venant ici ? Qu’il comprenne à quel point ça me pesait, de me retrouver seul face à père, qu’il n’avait même pas prévenu et que bêtement, pour une fois, j’avais espéré qu’il ne me laisse pas seul face à lui ?

    "Tu n’as jamais envie de le voir, tu pourrais au moins me répondre quand je te laisse un message !"

    Je reposai le verre vide avec un bruit sec sur le comptoir, me crispant lorsqu’il m’insulta en me traitant de fils prodige.C’était faux, il savait bien que père trouvait qu’il suivait mieux sa voie que moi. Lui, au moins, il était vraiment dans l’armée. Lui, il n’avait pas eu besoin que son père donne un coup de pouce pour qu’il se fasse engager, même si je n’avais rien demandé à ce sujet.

    Je sentis mes joues rougir sous la colère lorsque mon frère essaya de se défendre. Comme si ce n’était pas sa faute s’il n’était pas venu ce soir. Et qu’il généralise sans que je comprenne pourquoi, alors que je parlais spécifiquement de notre père, ne m’aidait absolument pas à me calmer.

    "Arrête de parler de n’importe quoi, je sais même pas c’que t’as fumé pour en arriver là, je te parle de ce soir, et de père ! Je ne vais pas l’envoyer bouler, tu sais bien !"

    Il y avait un mélange d’énervement et d’outrage dans ma voix. Son comportement par rapport à Père était totalement absurde, et à part nous attirer des ennuis à tous, il n’amenait rien. Si ça n’avait fait que le regarder, pourquoi pas. Mais là…

    Je rougis un peu plus lorsqu’il essaya de me mettre dehors et pointai le doigt pour tapoter son torse, les sourcils froncés.

    "Essaye pas de me la faire, Teej’, tu n’étais pas du tout sur le point d’aller te coucher, et je vais pas me taper le trajet demain alors que je passe juste à côté. Non parce qu’encore, tu aurais horriblement loin à marcher - allez, j’oublie que tu as une moto - pour aller chez Père, mais là c’est beaucoup plus près de chez toi que de chez moi ! Et ne me parle pas de décence, sinon je te demanderai d’avoir celle  d’être d’un peu moins de mauvaise foi !"

    Je me détournai à nouveau pour reprendre un verre d’eau, les jours toujours rouges de colères. Des excuses, ou quelque chose comme ça.. Rien, il me rejettait la faute dessus. A moi, et… A ceux qui venaient se plaindre de lui sur moi ? Il devait débloquer, comme d’habitude.

    "Tu pourrais d’ailleurs être un minimum plus clair, au lieu de lancer des accusations dans le vide ? Parce que je te parle pas d’un quelconque glandu de l’armée, hein, je te parle de notre père qui nous a invité à mangé et qui a passé la soirée à me critiquer et à critiquer le fait que tu n’étais pas là.", lâchai-je, sans crier cette fois mais bien plus amer. "Tu oublies qu’il a tout un répertoire à me reprocher, et que ça peut aller du fait que moi, je ne suis même pas vraiment dans l’armée au fait que je ne cogne pas dans un sac de sable avant d’aller dormir."

    Je m’appuyai contre le comptoir, ressassant un instant tout ce que j’avais pris dans le nez. Ce que j’aurais aimé pouvoir partager avec lui, s’il avait été là. Le repas m’avait donné mal au ventre à cause du stress et de la nervosité que j’avais ressenti, et le fait de boire deux verres d’eau à la suite n’avait rien arrangé à la situation.

    "On ne m’a pas parlé de toi au travail récemment.", répétai-je, buté.

    Le seul qui aurait pu m’en parler, c’était Zayn, mais nous ne parlions pas vraiment travail quand nous étions ensemble. Il savait qu’il devait faire attention à Maxine - et à TJ, dans une moindre mesure - mais à part ça… Il avait son travail et moi le mien. A part ça, j’avais peu de contact au travail avec ma famille et c’était tant mieux.

    Je pressai mon avant-bras contre mon ventre pour faire passer la crampe qui le tiraillait et glissai mon autre main dans mes cheveux, attrapant une mèche pour la torturer ensuite entre mes doigts.

    "Par contre, avec Père, j’ai eu droit à presque autant de reproches sur moi que sur le fait que tu n’étais pas là et le fait que tu étais inconscient et que j’aurais dû rentrer dans l’armée, comme d’habitude. Je suis fatigué de devoir toujours assumer ça seul, Teej. La prochaine fois, tu veux bien venir, ou au moins ne pas nous poser un lapin ?"

    Peut-être qu’en y allant doucement… Je taisai aussi les reproches sur le fait que je ne me remettais pas assez vite à son goût. Il m’avait demandé, et j’avais avoué que je faisais toujours des cauchemars. Ce n’était pas “digne d’un Frayer”. Et à nouveau, j’avais eu peur qu’il me fasse faire un fichu test sanguin et que le résultat soit le même que pour Maxine.

    "... S’il te plait ?", tentai-je sans grand espoir.



    Terence J. Frayer
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    Je haussais les épaules. Ouais, j'aurais pu lui envoyer un message pour lui dire que je ne venais pas. Ou pas, en fait.

    « Parce que tu m'aurais juste répondu "OK" si je t'avais dit que je ne venais pas ? T'es sûr que t'aurais pas fait ta tapette et te serais mis à chouiner que tu te retrouverais tout seul face à père ? Que je devais absolument venir moi aussi pour me faire engueuler ? Nan parce que, j'sais pas, moi j'ai des doutes, tu vois. »

    Et là le rose devint rouge. Enfin, pas ses cheveux, ses joues. Mais c'était loin de m'impressionner. Eh, c'est pas parce qu'il a quelques années et trois centimètres de plus que moi que je vais me ratatiner en implorant sa clémence !

    « Ah ouais, c'est sûr, je suis défoncé, » fis-je en ricanant. « Parce que j'ai rien d'autre à faire que me droguer quand je vais pas voir papounet. Tu devrais essayer, qui sait ? Peut-être que ça te délierait la langue et que t'arriverait enfin à lui balancer à la gueule que t'en a marre de sa tronche ? »

    Il se mit à m'appuyer sur le torse du doigt, et je chassai ce dernier d'un revers de la main. J'étais pas un bouton, et s'il comptait essayer de me faire changer de comportement, ce n'était pas comme ça, ça, c'était certain. Je ne fis que hausser les épaules à sa tirade, la balayant d'un léger geste de la main.

    Je croisai les bras alors qu'il reprenait un verre d'eau, avant de continuer à me sermonner, en gueulant moins certes, mais il continuait ses sermons. En m'accusant de ne pas être clair.

    « Oh, pardon, je n'ai pas prévu de dissertation t'expliquant A par B qu'il n'y a pas que père à me faire des reproches, donc que si je peux m'en passer, alors je n'hésiterai pas. Mais promis, si je la fais, je demande à ce qu'elle te soit transmise. Quoique, ça a l'air d'être un concept qui t'échappe. À moins que tu ne sois maso en plus d'être une tapette ? »

    Non mais. J'allais pas juste me laisser faire, hein. Je pensais un peu à moi, et s'il n'arrivait pas à en faire de même, c'était pas mon problème. C'était à lui de se bouger le cul. Merde, il est plus âgé que moi, il devrait pouvoir se débrouiller tout seul comme un grand !

    « Bah c'est tant mieux, » fis-je en bougonnant lorsqu'il me dit que personne ne lui avait fait de remarque à mon sujet.

    Il sembla presser son bras contre son ventre. Quoi, il digérait mal le repas qu'il avait eu chez père ? Il avait des crampes ? J'aurais très bien pu lui proposer un médicament au cas où ça le ferait se sentir mieux, mais pas quand il était chez moi à me passer un savon. ... Est-ce qu'il y avait un seul moment où il était venu chez moi sans me passer un savon, en fait ? Je ne pensais pas.

    Je continuais de bouder, les bras croisés et le regard fixé sur lui, quand il me demanda de venir la prochaine fois, ou au moins prévenir mon absence. Je grognais, mais le fait qu'il ait baissé la voix m'avait un peu calmé, et son "s'il te plaît" m'évoqua Maxine sans que je ne sache vraiment pourquoi. Peut-être parce qu'il avait l'air de se sentir mal et que, quelque part, j'avais envie de le protéger.

    Je grognais un peu plus fort et détournais le regard, continuant de bouder, mais je ne parvins pas à rester très en colère dans le silence qui suivit. Je poussais un soupir qui ressemblait à un troisième grognement et baissais les bras.

    « J'essaierai, » grognais-je. « Mais je ne te garantis pas que je viendrais ! J'ai pas envie d'entendre une fois de plus ses sermons, il pourrait nous retenir une journée entière sans s'arrêter de parler... Nan, plutôt une bonne semaine ! »

    J'attendis un peu, puis je partis dans ma salle de bains, avant de revenir et de poser une pilule sur la table à côté de son verre.

    « T'as l'air d'en avoir besoin. »

    C'est pas parce que je m'occupais de lui ou quoi que ce soit, hein. Mais ses cheveux roses me rappelaient Maxine, et j'aurais pas aimé qu'elle se sente mal.

    « Bon, après, si ça va mieux, rentre chez toi. J'veux dormir, moi, et chez toi, c'pas la porte à côté. J'suis sûr, tu peux pas rentrer tout seul en plus, tu vas m'forcer à te raccompagner en moto. »

    Tout en parlant, je me sortis une bière du frigo, avant de lui en tendre une, lui demandant implicitement s'il en voulait une ou non.

    « À moins que t'aie pas fini de m'engueuler ? J'ai cru comprendre que t'en avais fini, mais je suis le fils idiot, après tout, j'ai peut-être mal compris. »




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    Edward Frayer
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    Je détestais la manière qu’avait TJ de m’insulter, de souligner que j’étais trop passif par rapport à Père. Le pire, certainement, c’était cette manie qu’il avait : “tapette”. A chaque fois, je savais que jamais je n’oserais lui parler de mon homosexualité, que si lui ne le supportait pas, alors qu’il se moquait ouvertement des normes et de l’autorité… Personne de la famille ne le ferait.

    "je t’ai déjà dit d’arrête de m’appeler comme ça !"

    Quelle importance, il ne changerait pas sa manière d’être. Il me laisserait toujours me débrouiller avec les reproches que je subissais. Et savoir que j’allais subir, la prochaine fois, la même chose, sans soutiens… J’avais beau essayer de ne pas somatiser, mon estomac semblait d’un autre avis, et je soupirai, souriant faiblement à TJ par rapport à sa véhémence face - j’aurais peut-être préféré que ce soit réellement en face - à notre Père.

    "Oh, en cumulant nos défauts, et s’il se met à radoter sur Maxine et maman, oui, on peut largement tenir une semaine."

    Je le regardai partir vers la salle de bains, en profitant pour faire quelques exercices de respiration. J’avais encore à marcher jusqu’à chez moi, ou jusqu’à chez Zayn - était-il chez lui ? - avant de pouvoir espérer me détendre. Je fixai donc le cachet qu’il posa à côté de mon verre quelques instants, avant de sourire plus sincèrement.

    "Merci. Manger en écoutant une litanie de reproches, c’est pas super bon pour la digestion."

    J’avalai sans me poser de question sur ce que c’était, faisant passer avec encore un peu d’eau. J’allais passer la nuit aux toilettes, et cette pensée était tellement incongrue… Je soupirai, cependant, lorsqu’il se montra désagréable en me mettant dehors. Je posai le verre dans l’évier, jetai un coup d’oeil dehors, et haussai les épaules.

    "Non, ça va, je voudrais surtout pas que tu manques de sommeil demain, tu serais fichu de m’accuser de te mettre en retard. Non, c’est bon, il pleut pas, je serai chez moi d’ici 40 minutes."

    J’attrapai la bière qu’il me tendit, le remerciant d’un mouvement de tête, levant les yeux au ciel lorsqu’il m’accusa de vouloir l’engueuler à nouveau. Comme si je n’avais que ça à faire… J’aurais préféré que nous fassions front, mais c’était certainement peine perdue.

    "Non, ça va, pas la peine de me taper une insomnie en plus d’un ulcère."

    Je laissai le silence s’installer, le temps de prendre quelques gorgées de bières, et réfléchis à un sujet de conversation plus consensuel. Où nous ne nous engueulerions pas… Et au final, il n’y avait qu’un seul sujet où nous étions généralement du même avis :

    "Au fait… Maxine a un copain. Un militaire, Damon Zigg. Je sais pas si tu connais. Il m’a pris pour elle, c’est comme ça que j’ai appris. Et ne te moque pas !"

    Je préférais prévenir. Au moins… Au moins, je ressemblais beaucoup à notre soeur. En plus grand, plus masculin aussi… J’eus une moue boudeuse, brièvement, et soupirai.

    "Je ne l’aime pas particulièrement, mais… Il a l’air sincère par rapport à Maxine, et… j’ai tout de même pris le temps de donner quelques… conseils de base à Max’, qu’elle ne se retrouve pas comme une idiote s’ils se… Ah, non, j’ai pas envie qu’il la touche !", feulai-je en terminant cul sec ma bière.

    Je soupirai à nouveau, pour m’écartai du comptoir pour poser ma bière vide dessus, m’étirant lentement. J’avais toujours mal au ventre, et l’idée de marcher jusqu’à chez moi ne me passionnait pas, mais comme je n’avais pas vraiment le choix…

    "Allez, je rentre. A bientôt, prends quand même soin de toi."

    Je tapotai l’épaule de mon frère, pour le saluer, et fus surpris qu’il me propose de me ramener. Mais.. je n’avais pas envie de rentrer seul, et j’acceptai, le bruit de la moto nous empêchant de faire la conversation pendant le trajet et m’empêchant de trop penser au moment où je serais seul chez moi. Mais il y avait Hal, après tout.. Et mes zonures. Ca irait.

    "Merci, Teej. Fais attention à toi au retour !"

    Je l’embrassai sur la joue, cette fois, et grimpai jusqu’à mon appartement, fronçai les sourcils en réalisant qu’à part les lumières indiquant les sorties de secours rien n’était allumé, et me plantai devant ma porte pour que mon IA m’ouvre. Je soupirai lorsque rien ne se passa et fouillai mes poches pour sortir mes clefs. Je me figeai en trouvant l’appartement dans le noir, mal à l’aise, et appelai mon IA avant de déglutir. Depuis mon enlèvement, je ne supportais pas le noir. Et j’eus l’impression d’entendre un bruit, alors que je restai figé à l’entrée de mon appartement, la main tremblant alors que j’attrapais mon téléphone pour appeler mon frère, gémissant en tombant sur la messagerie.

    "- Teej ? Il y a une panne de courant, rev...
    - Raccroche.", intima une voix en m’arrachant le téléphone de la main.

    Celui-ci tomba par terre et la personne qui avait parlé, dont je refusais de reconnaître la voix, m’attira à l’intérieur avant de claquer la porte sur moi. Je me débatis, une gifle m’immobilisant. J’eus un faible cri, sentant mes jambes prêtes à me lâcher

    "Allons, Edward, tu ne pensais pas que j’allais te laisser t’en sortir comme ça ? Sans te faire payer ce qui m’est arrivé..."

    Ma respiration était erratique et, à la vague lueur des lumières extérieures, je pus distinguer son expression froide, que j‘imaginais sans mal déterminée, effrayante.

    "Clyde… laissez moi, j’ai rien fait..."

    Il tordit brutalement mon bras, me trainant jusqu’au canapé pour m’y jeter. Je pus repérer Hal, semblablement débranché, peut-être abîmé, et j’eus un demi-sanglot terrorisé… Etait-ce la lueur d’une lame, qui brilla une fraction de secondes dans sa main, ou mon imagination ? J’eus la réponse en le sentant s’installer sur moi, pour me bloquer, et quelque chose de froid se plaquer contre ma gorge et laisser une fine coupure, qui me tira un nouveau cri effrayé.

    "Détends toi… On a toute la nuit, rien que toi et moi..."



    Terence J. Frayer
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    J'ignorais complètement la demande de mon frère. Comme s'il suffisait qu'il me demande pour que j'arrête de le surnommer "tapette". Mais bon, il devait savoir qu'il ne suffisait pas de demander pour que je change...

    Il sembla reconnaissant lorsque je revins lui donner le médicament. Ouais, je voulais bien croire qu'écouter père radoter sur les mêmes sujets depuis des années n'était pas plaisant. Rien que l'écouter pouvait provoquer des maux de ventre chez les plus faible... Et surtout des maux de tête. Ça, j'en avais souvent récolté, tiens. Mais je le savais capable de couper l'appétit.

    Ed ne comprit pas du tout que je tentais de lui faire me demander de le ramener. C'était plus simple pour moi si c'était lui qui me demandait, plutôt que ce soit moi qui lui propose. J'allais pas le laisser rentrer à pied, surtout s'il allait mettre 40 minutes. Mais c'était pas à moi de m'occuper de lui, c'était à lui de me demander.

    Je pris une gorgée de bière et haussai un sourcil lorsqu'il me parla de Maxine, et de son nouveau copain. Peut-être que je l'avais déjà croisé, je ne savais pas, ce nom ne me disait rien. Je secouais la tête quand Ed termina sa phrase : je me mis à rire instantanément, en dépit de son ordre.

    « Ha, c'est vrai que vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eau ! De vraies jumelles ! » m'esclaffais-je. « Si elle met des talons, on n'y voit que du feu ! »

    Et puis Ed se montra encore sur-protecteur par rapport à notre sœur. Je soupirais en haussant les épaules, et grimaçais même légèrement.

    « J'suis sûr que maman lui a, ou lui aurait, donné des conseils. T'étais pas obligé de t'en occuper, tu sais ? Et puis, elle est débrouillarde. Laisse-les un peu tranquilles. J'm'occuperai seulement du gamin si jamais il lui fait du mal, moi. »

    D'ailleurs, il avait intérêt à faire gaffe. Si jamais il la maltraitait, il allait passer un sale quart d'heure. Gare à toi, Damon Zigg, je connais ton nom, je pourrai te trouver. Et je te ferai payer.

    Edward se leva finalement, et me fit savoir qu'il allait rentrer. Je levais les yeux au ciel en grognant (il n'avait vraiment pas compris que je lui avais proposé de le raccompagner) et me levais.

    « Laisse-moi juste le temps de m'habiller, je te ramène. Tu serais capable de t'évanouir dans la rue, pâle comme t'es. »

    J'allais pas le laisser marcher dans cet état. Je lui prêtais mon deuxième casque, et il ne nous fallut pas longtemps pour que je le ramène. Enfin, j'aurais pu mettre encore moins de temps à le déposer chez lui, mais j'avais rongé mon frein. Il aurait été capable de m'engueuler pour être allé vite. Au moins on n'avait pas eu à discuter sur le trajet.

    Je retirai mon casque pour mieux voir et ranger celui que je lui avais prêté, et le perfide en profita pour me faire la bise.

    « T'inquiète, le rose. File ! » lui intimai-je.

    J'attendis tout de même de le voir rentrer pour démarrer en trombe, et fonçai dans les rues. Peut-être pourrais-je battre mon record. Mais visiblement, je mis assez de temps pour manquer un appel d'Ed. Je retirais mon casque quand mon oreillette me signala une notification : je lançais la lecture, et découvrit le message d'Ed.

    Avant que je ne réalise pleinement ce que je faisais, j'étais déjà sur ma moto à faire demi-tour. J'eus l'impression de mettre beaucoup trop de temps à rejoindre son appartement, que les secondes passaient trop vite. Une fois devant chez lui, je sautai de mon véhicule sans même attendre de m'arrêter complètement, sans même me préoccuper de son état. Je montais les étages plongés dans le noir quatre à quatre, et tombai sur le téléphone d'Ed. Abandonné devant la porte.

    Après l'inquiétude vint une sorte de lucidité. Si Ed était chez lui, si son agresseur était avec lui, il valait mieux que je le prenne par surprise. Et il valait mieux que je sois armé... Je fouillai mes poches et, si j'avais été dans un autre état d'esprit, me serait remercié pour avoir toujours sur moi mon apache et mes palets. Mais je m'occupai simplement de vérifier combien j'avais de balles sur moi : six. J'espérais que ça serait suffisant.

    Je ne savais pas combien de personnes étaient chez Ed. J'avais entendu une voix seulement, mais je ne pouvais pas savoir s'il était retenu par un seul homme ou tout un groupe. Je résistai à la forte envie que j'avais d'enfoncer la porte et me jeter dans le tas : il allait falloir plus de délicatesse. Je ne pouvais qu'espérer que l'homme était seul, ou alors que le groupe ne gardait pas la porte de l'autre côté. Je me risquais à ouvrir tout doucement cette dernière ; elle n'était pas verrouillée.

    Je risquais un coup d’œil prudent, et me risquai même à glisser ma tête dans l'ouverture. On n'y voyait pas grand-chose, mais il y avait suffisamment de lumière pour que je ne voie personne debout. En revanche, je les vis sur le canapé. Et je perdis mon sang-froid.

    La porte rebondit violemment contre le mur et se referma en claquant comme je la poussais pour m'avancer dans l'appartement. Le claquement de la porte couvrit à moitié le son de mon arme comme je tirai sans m'arrêter. L'homme s'était redressé, je savais que je ne blesserais pas Ed.

    Je plongeais sur l'homme qui immobilisait mon frère. Je l'avais visiblement blessé, mais je ne pouvais pas ire si c'était grièvement ou non. Je l'arrachai du canapé et le projetai au sol pour le surplomber et le frapper, mais il semblait avoir encore de l'énergie. J'eus à peine le temps d'activer mes palets pour dresser une protection face à Ed que son agresseur se jeta sur moi.

    Nous luttâmes un long moment, et je ne remarquai son couteau que lorsqu'il s'apprêta à me frapper avec. Je levai un bras pour parer son coup, et feulai comme il l'enfonça dans ma chair. Le coup ne me fit que redoubler d'ardeur, et ce fut peut-être grâce à cela que je parvins à prendre le dessus.

    Nous nous étions férocement battus, je ne savais pas ce que j'avais fait de mon revolver, je n'avais même pas vérifié qu'Ed allait bien : je me retrouvai à califourchon sur son agresseur et le martelais de coups. Il tenta de se défendre, de renverser littéralement la situation, mais je le secouais, frappais sa tête contre le sol pour l'assommer, avant de continuer à faire pleuvoir les coups sur lui, en ignorant complètement ses mains qui tentaient d'atteindre son couteau planté dans mon bras. Il voulait du mal à mon frère. Il n'avait pas le droit de poser la main sur lui.

    Je ne cessai de frapper que plusieurs secondes – minutes ? - après que l'homme ait arrêté de bouger. Mort ou inconscient, je ne savais pas. Haletant, j'essuyai le sang de ma lèvre en le toisant, m'assurant qu'il ne bougeait plus. L'adrénaline retomba doucement, et je sentis tout mon corps me faire mal. Mais c'était pas mon premier combat. J'avais l'habitude.

    Je levais les yeux vers Ed et me redressait péniblement pour me rapprocher de lui tout en désactivant mes palets, mon bras blessé pendant à mon côté.

    « T'es blessé ? Ed, est-ce que t'es blessé ? Il t'a fait du mal ? »

    Je ne voyais rien, il faisait trop sombre. Il fallait rétablir le courant, mais je n'avais aucune idée de comment faire, et puis il fallait surtout que je m'occupe des blessures d'Ed. Et éventuellement des miennes.




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    Quizz de Noël 2016:
    Edward Frayer
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    Le terreur était en train de brouiller ma vision et mes pensées. Je n’osais plus bouger, ni même fixer l’homme qui me bloquait, par sa lame et son poids. J’eus un sanglot, pathétique, alors qu’il déplaçait sa lame pour déchirer mon haut, entamant également la peau au passage.

    "Laissez moi...
    - Tais toi.", intima-t-il en me giflant, m’arrachant un nouveau couinement paniqué.

    Je ne savais pas ce qu’il voulait faire. J’imaginais déjà le pire, sous forme de sensation de douleur et de terreur, sans réussir à mettre plus d’image là dessus. Et soudainement… il y eut un fracas horrible, qui me tira un cri de peur, et je mis mes bras autour de mon crâne pour me protéger, refusant d’analyser ce qui me tombait dessus.

    Pourtant, je le savais : du sang. Celui de Clyde, plus exactement… Le poids s’écarta de moi et je me redressai pour m’éloigner le plus possible, jusqu’à bloquer dans le coin du canapé, recroqueville sur moi-même. Je ne voyais pas grand chose, surtout les éclats, j’entendais les cris, de douleur, de rage, des exclamations de combat. J’imaginais déjà Clyde se relever et se venger de cette interruption.

    J’avais beau savoir, dans un sens, que c’étaient les palets de TJ qui me protégeaient, je n’arrivais pas à réellement faire le lien entre ça et sa présence. Je ne pouvais que les fixer, terrorisé par le moment qui allait forcément venir, ou Clyde se relèverait.

    La violence de la scène me laissait présager ce qui allait arriver ensuite, et je n’avais même pas réalisé que je m’étais mis à pleurer. Je me tassai un peu plus sur moi-même lorsque l’homme se dressa devant moi, poussant un couinement de peur.

    "Pitié..."

    Je tressaillis en reconnaissant la voix de mon frère et réussis à relever la tête pour le fixer dans la pénombre, celle-ci ne faisant qu’accentuer mon angoisse. Il me fallut un instant pour réussir à comprendre ce qu’il me demandait, et j’acquiesçai sans hésiter.

    "Oui...", gémis-je."Il m’a frappé, et… et, avec sa lame… j’ai cru qu’il… il voulait me..."

    J’eus un hoquet, m’accrochai au haut de TJ, me mettant à sangloter lourdement. Il me fallut un moment pour réussir à me décrocher un peu de lui. Mes coupures me brûlaient, même si elles n’étaient pas graves, et je continuais à trembler violemment.

    "P… pardon… il est.. mort ?"

    Je regardai autour de nous, les pensées s’entrechoquant sans réel résultat. Je finis par regarder autour de nous, un peu plus calme, et fixai le couloir.

    "Je vais… pas pouvoir me lever.. Les panneau d’électricité est près de la porte… S’il te plait, j’veux pas rester dans le noir.."

    Je sentis une vague nausée devant l’état sanglant de mon sol et détournai précipitamment le regard du corps. Je ne me sentais réellement pas bien, et je tirai TJ à moi pour le forcer à s’asseoir à côté de moi. J’avais beau être rassuré par la lumière, j’étais toujours fébrile.

    "Me laisse pas seul...", l’implorai-je. "Il… Clyde, il… m’attendait. Il voulait se venger..."

    Je réalisais alors que je n’avais pas parlé à TJ de ce qui m’était arrivé. Pas en détail, loin de là : la réaction de père m’avait suffi, je n’avais pas envie d’inquiéter Maxine ni de subir les moqueries de mon frère cadet, alors… j’avais beaucoup éludé. Là, c’était dur de ne pas tout dire, et j’étais de toute façon dans un tel état que j’étais incapable de faire le tri d’informations, de mentir ou quoi que ce soit...

    "Il… y a un moment, j’ai disparu, j’en ai parlé à père, mais il m’a trouvé pitiyable alors… Enfin, Clyde m’a enlevé pour… fabriquer de la drogue pour lui. Et quand j’étais pas d’accord, il me mettait dans une … grosse boite étanche, sans air, sans lumière, sans bruit, y’avait plus que moi et c’était jusqu’à ce que je me sente pas bien parce qu’il y avait plus d’oxygène… Ca a duré quelques jours, et… j’ai coloré la drogue pour faire un signe, ça a marché, mais il m’enfermait quand même..."

    Ma voix était devenue à peine plus qu’un filet. C’était loin, j’étais en sécurité dans les bras de mon frère, mais Clyde était bien là, dans mon appartement, et l’idée qu’il m’ait retrouvé une première fois bloquait toute capacité de raisonnement.

    "C’était Zayn… le lieutenant Aresham, qui avait tout géré… on… peut l’appeler ? Je connais son numéro… Il… Faudrait te soigner aussi..."

    Et pourtant, j’étais parfaitement incapable de lâcher TJ. Je agrippai fermement à son haut, serré contre lui, et je lui murmurai à nouveau de ne pas me quitter, les larmes n’ayant pas cessé de rouler sur mes joues…



    Terence J. Frayer
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    Je ne me souciai pas du fait que mon frère fut d'abord effrayé par ma présence et le fixai, tentant de percevoir malgré la pénombre ses blessures. Étaient-elles graves ? Il s'accrocha à moi, et je passai mon bras valide dans son dos alors qu'il sanglotait.

    « Là, Ed, t'inquiète, c'est fini, il te fera plus rien. »

    Je ne me moquais pas de lui, pour une fois, et ne le lâchai que lorsqu'il s'écarta de moi. Je me tournais vers l'intrus lorsqu'Ed me demanda s'il était toujours vivant. Grande question, ça. Je l'avais salement amoché, ça, je le savais, vu comme je l'avais tapé. Il était pas près de se relever de sitôt, ça, j'en étais certain. Mais allait-il se relever ? Et qui était-il, et que voulait-il à mon frère ? Était-ce un voleur ?

    « J'en sais rien, » finis-je par avouer.

    J'acquiesçai lorsqu'Ed me dit où aller pour rétablir le courant, et je m'exécutai, ramenant enfin la lumière. En rentrant, je constatai que mon frère détournait ostensiblement les yeux. Ça, l'autre type était pas beau à voir. Et avec pas mal de sang sous lui, en fait. Je l'aurais bien poussé un peu pour plus qu'Ed ne le voie, mais j'étais pas vraiment en état de le faire. Je m'approchai du corps, et pris son pouls. Rien. Mon regard se durcit, mais je ne dis rien.

    Je retournai auprès d'Ed, qui me força à m'asseoir auprès de lui. Je ne résistai pas, sans savoir si c'était parce que je m'en fichais ou parce que je n'en avais plus trop la force. Je me sentais épuisé. Mais je commençai à m'occuper des blessures d'Ed, bien qu'elles étaient légères.

    J'écarquillai les yeux en entendant mon frère. Se venger ?

    « De quoi ? »

    Et là, j'appris. J'appris sa disparition, ou son enlèvement, plutôt, son traitement, et son appel au secours. Je restais abasourdi un bon moment. J'avais manqué tout ça. Et il l'avait dit à père. Et pas à moi.

    « Mais pourquoi tu me l'as pas dit ?! » fis-je finalement, en colère.

    En colère d'être au courant après père. En colère aussi de ne pas avoir été là alors qu'il avait eu besoin de moi.

    J'essayai de me calmer, au moins pour appeler le militaire qui l'avait aidé. Je ne me demandai pas pourquoi il avait son numéro, je me concentrai simplement sur ma tâche de l'appeler.

    « Lieutenant Aresham ? Je suis le soldat TJ Frayer, je suis chez mon frère Edward. Il vient de subir une agression, mais je suis intervenu. Il réclame votre présence. Démerdez-vous et grouillez-vous de rappliquer. »

    Je n'attendais pas qu'il me réponde pour raccrocher, et regardai Ed accroché à mon T-shirt. Je poussais un grand soupir pour tenter de garder mon calme. Me soigner. D'abord, me soigner, retirer ce putain de couteau de mon bras, éviter que je ne me vide de mon sang, et soigner Ed. Il n'était pas en état de faire quoi que ce soit, je devais m'occuper de lui.

    « Viens. On va dans la salle de bains. Ok ? On va se soigner. Je ne te lâche pas. »

    Je le forçai à se lever avec moi et l'entraînait à la salle de bains. Au moins, il n'y avait plus le corps de l'autre et son sang, peut-être qu'Ed se calmerait un peu. Je trouvai la trousse de soins, et m'occupai d'abord de mon bras. Je le bandai simplement après y avoir retiré la lame, puis je pris de quoi prendre soin des blessures d'Ed, sans plus m'occuper des miennes.

    « Pourquoi tu l'as dit à père, et pas à moi ? Et puis on s'en fout de ce qu'il pense, bordel, c'est un con. Pourquoi tu m'as rien dit ? Je suis pas comme lui, tu sais. Je suis pas comme père. T'aurais pu m'en parler. »

    S'il m'avait dit ce qui lui était arrivé, peut-être aurais-je pu empêcher son agression ? Peut-être aurais-je pu empêcher Clyde de le retrouver ? Enfin, je n'aurais pas joué les baby-sitters, mais quand même, j'aurais peut-être pu faire quelque chose. Intervenir.

    Comment est-ce que j'avais pu manquer ça ? Comment est-ce que mon frère avait pu se faire enlever sans que je sois au courant ? Et comment avais-je pu manquer son appel au secours ? Et comment l'armée avait-elle pu intervenir sans que je n'en sache rien ? Étais-je seulement capable de protéger ma famille ? Et si ça arrivait encore ? Si ça arrivait à Maxine, ou à maman ? Pouvais-je les protéger ?

    « ... Je suis désolé, Ed. »

    Désolé de ne pas avoir été là pour lui, alors qu'il avait eu le plus besoin de moi.

    « Comment ça se fait que t'as le numéro d'un type de l'armée ? » demandai-je pour changer de sujet. « J'parle pas de moi, mais du lieutenant, là. »




    Don't try me, I'm untouchable



    Quizz de Noël 2016:
    Zayn Aresham
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    Date d'inscription : 21/01/2016

    Un appel, au milieu de la nuit. J'eus un grognement lorsque la sonnerie me tira brusquement du sommeil, et je me redressai dans mon lit, tendant la main à la recherche de mon téléphone, sur la table de nuit. Je laissai échapper un juron en entendant mes lunettes tomber, puis mis enfin la main sur l'appareil que je cherchais et décrochai immédiatement.

    L'identité de la personne qui m'appelait acheva de me réveiller, et je fronçai les sourcils tout en me levant, repoussant en silence Teigne qui essayait de s'accrocher à moi. Puis je sursautai à la suite des informations et récoltai une griffure sur la main après avoir donné une tape involontaire à l'animal. Je ne le réalisai pas immédiatement et raccrochai, l'inquiétude s'emparant soudainement de moi.

    Il ne me fallut que peu de temps pour m'habiller, et je filai hors de chez moi, sans me soucier de la chatte qui était allée, de toute évidence, bouder quelque part. Je n'avais jamais parcouru aussi rapidement la distance qui séparait mon appartement de celui de mon petit-ami, mais je n'avais jamais eu à le parcourir autant dans l'urgence. Edward voulait que je vienne, et il allait mal, de toute évidence.

    Je montai tout aussi rapidement jusqu'à son appartement, sans prendre la peine de frapper avant de pousser la porte d'entrée. Pour tomber sur une pièce vide… J'eus un instant de panique, puis des voix me parvinrent de la salle de bain. Chassant mon angoisse avec un long soupir, je m'y dirigeai, fixant immédiatement Edward. Blessé… ? Il avait été soigné, visiblement, mais… Il était blessé.

    Sans vraiment penser à saluer TJ, j'allai jusqu'à mon petit-ami et le pris dans mes bras avec une douceur qui pouvait être surprenante de ma part. Une lueur de culpabilité brillait dans mon regard, et je me penchai pour embrasser tendrement Edward, comme il m'avait appris à le faire, avant de lui caresser la joue.

    "Je suis désolé. J'aurais dû être là."

    Que j'aie eu ou non des moyens de prévoir ce qui allait se produire ne changeait rien, à mon sens. Quelqu'un s'en était pris à mon petit-ami, et je n'avais pas été là pour le protéger. Je n'avais pas à me chercher de fausses excuses pour me dédouaner de mes responsabilités. Je levai le regard vers TJ, et sans doute aurais-je pris la parole si Edward n'avait pas éclaté en sanglots, me faisant pousser une exclamation inquiète.

    Je le serrai un peu plus contre moi et couvris son visage de baiser, tout en lui caressant les cheveux et le dos pour le calmer. J'avais comme oublié la présence de l'autre soldat, focalisé sur la seule chose importante pour moi : réussir à ce que mon petit-ami se sente mieux.

    "Ca va aller, calme-toi. Je suis là, je te protègerai. On est même deux pour te protéger. Il ne t'arriverai plus rien, plus rien du tout. Je suis là, je t'aime. Tout va bien, c'est fini. Tu es en sécurité, tu es avec moi."

    Je poursuivis ma litanie de mots tendres jusqu'à ce que les pleurs d'Edward s'apaisent, et je lui relevai alors doucement le visage pour l'embrasser encore une fois. Je lui souris ensuite avec tendresse, sans cesser de lui caresser les cheveux, puis accordai enfin mon attention à son frère.

    "Merci de l'avoir sauvé. Vous me raconterez ce qui s'est passé ? Plus tard, ce sera sans doute mieux, tu préfères ne plus y penser, je suppose ?" ajoutai-je en regardant de nouveau Edward.

    Pour l'instant… Je voulais surtout qu'il se remette, qu'il pense à autre chose… J'avais dans l'idée que devoir parler de ce qui s'était passé lui ferait plus de mal que de bien.




    Edward Frayer
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    Citadin
    Arme : fioles de poison
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    Date d'inscription : 13/01/2016

    Mon visage se décomposa lorsque TJ eut un éclat de colère et je blêmis, sentant ma gorge se nouer, ne trouvant pas grand chose d’intelligent à lui répliquer. La vérité, la peur que j’avais eu d’aller encore plus mal si j’en parlais à quelqu’un…

    "J’ai… j’ai pas osé… désolé..."

    Il mettait toujours tellement en avant mes faiblesses.. J’avais eu envie de me protéger, de ne pas souffrir plus alors que j’étais déjà assez mal comme ça. Je ne voulais pas paraître encore plus faible aux yeux de mes cadets…

    J’écoutai distraitement le coup de fil qu’il passa à Zayn, essayant de chasser l’idée que, puisqu’il m’en voulait, TJ allait partir. Je ne pus m’empêcher de poser les yeux sur Clyde, frissonnant. Il… il avait l’air tellement mort, il ne respirait pas… J’avais peur d’avoir poussé mon frère à tuer. C’était ridicule, il était militaire et habitué à ça, mais…

    Je sursautai lorsque mon frère me demanda de l’accompagner, et acquiesçai, ayant besoin de lui pour marcher jusqu’à la salle de bains. Au moins, nous étions loins du… De ce qui recouvrait le sol de mon salon. Je me sentais parfaitement inutile, la vue du sang de TJ manquant de me faire tourner de l’oeil, et je l’aidai à se bander le bras.

    J’abandonnai l’idée d’essayer d’être utile et le laissai me désinfecter les coupures que j’avais sur le torse et la gorge, baissant les yeux lorsqu’il revint sur la question de mon enlèvement… Et le silence qui avait suivi. J’avais à la fois honte de ne pas lui en avoir parlé et… Et j’avais eu tellement peur qu’il se moque encore de moi, qu’il empire mon état...

    "Je ne voulais pas que Maxine sache, pour pas qu’elle s’inquiète et… j’aurais pas supporté que… Tu me dise que c’était parce que j’étais qu’une tapette que ça m’est arrivé.", expliquai-je du bout des lèvres, gardant les yeux soigneusement baissés. "Je… sais que je suis pas le grand frère exemplaire, loin de là. Mais… Te dire que.. J’avais été assez faible pour qu’il m’arrive ça… Que j’avais dû attendre sans rien pouvoir faire… C’était au dessus de mes forces. C’est.. Pas l’image que je voulais que tu aies de moi. J’ai peur du noir, Teej, je suis plus foutu de dormir seul la lumière éteinte, c’est loin d’être reluisant."

    Au final… c’était ça, aussi, qui m’avait bloqué. La peur qu’il me rabaisse et… la honte, tout simplement, de ce qui m’était arrivé. Du fait de ne pas m’en remettre aussi facilement qu’il aurait fallu… Je tressaillis aux excuses de mon frère et le fixai, sans comprendre, avant de venir me blottir contre lui.

    "Ce.. C’est pas ta faute..."

    Je me sentis rougir lorsqu’il m’interrogea sur Zayn, et heureusement que j’étais assez contre lui pour qu’il ne le remarque pas. Je n’allais pas lui étaler mon homosexualité sous le nez, comme ça, mais...

    "Il dirigeait les opérations pour me récupérer, et… J’ai eu son numéro là. On s’est revus quelques fois, pour… pas uniquement pour l’enquête. Mais… Comme c’est un lieutenant et qu’il est en charge de ça… Ca t’évitera trop de paperasse…?"

    Je ne quittai les bras de TJ que lorsque j’entendis qu’on entrait dans mon appartement, ne sachant pas si les deux hommes se connaissaient. Autant éviter qu’il n’y ait de… mauvaise compréhension. J’indiquai, aussi fort que je le pus, où nous étions à mon petit-ami et réussis à lui faire un pâle sourire. J’étais toujours livide.

    Je m’attendais à beaucoup de choses, mais pas à ce qu’il me prenne dans les bras pour m’embrasser. Devant mon frère, sans… sans réfléchir au fait que nous ne nous affichions pas, lorsqu’il y avait du monde. Je me sentis rougir, cherchai mes mots… Et il s’excusa, lui aussi.

    Je voulais lui dire que ce n’était pas grave. Qu’il n’y avait pas eu de problème majeur, mais… je fondis à nouveau en larmes, sanglotant nerveusement en bégayant que j’avais cru que Clyde allait recommencer. Il réussit cependant à me calmer, et je restais dans ses bras, reniflant avant d’attraper un mouchoir pour me nettoyer le visage et me moucher.

    "Oui, si… on peut en parler plus tard, ce sera bien."

    Je jetai un regard intimidé à TJ, baissai à nouveau les yeux vers le sol.

    "Teej… Je.. Te présente mon petit-ami, le Lieutenant Zayn Aresham… Zayn… mon frère cadet, Terence Junior."

    Il aurait été intelligent de ne pas rester dans la salle de bains, mais… le salon était interdit d’accès, pour le moment. Je fis un mouvement de tête pour passer dans ma chambre avec tout le monde, m’asseyant sur le lit avec un certain soulagement. Il y avait de la lumière, j’étais avec Zayn et TJ, il ne pouvais plus rien m’arriver. Je souris à mon petit-ami, gêné, avant qu’il ne s’installe contre moi.

    "Tu peux aller nous chercher des bières, s’il te plait ? Et… Il .. Clyde… il est encore dans le salon… Pas des bières, en fait, j’ai une bouteille de rhum, ce sera mieux."

    Je le fixai brièvement, avant de reporter mon attention sur mon frère, et ramenai une mèche de cheveux derrière mon oreille, mal à l’aise.

    "Après… Enfin, après son intervention, on… s’est revus quelques fois et… Et ça s’est fait comme ça. Enfin… “comme ça”, pas vraiment, vu que je… suis gay. Je… Tu te doutes que si Père l’apprend, il… Tu veux bien ne pas lui dire ? Je suppose que ça doit pas t’enchanter, ça… Rajoute au cliché du truc faible et inutile, mais… C’est quelque chose que je ne peux pas, que je ne veux pas essayer de changer..."

    Je souris à Zayn lorsqu’il revint et m’installai contre lui, tendant la main pour attraper celle de mon frère. J’avais eu tellement peur, je me sentais un peu mieux avec eux deux. Zayn, qui était de toute évidence quelque chose d’indestructible, et TJ, qui avait été là et qui m’avait sauvé…

    Il me fallut finir mon premier verre de rhum pour reprendre un peu de couleurs, et je pus commencer à organiser mes pensées, un tout petit peu. Et une inquiétude évidente me traversa, alors que je jetai un regard à la porte qui menait sur le salon.

    "Clyde… il peut rester comme ça sans s’enfuir….? Je veux pas qu’il soit à nouveau dans la nature..."



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