Agartha. Un désert, où cohabitaient nomades et sédentaires. Cependant l'assèchement progressif des oasis développa la cupidité des sédentaires qui se mirent en guerre les uns contre les autres. Les cités tombèrent une à une devant ce fléau jusqu'à ce qu'il ne reste que 1400. Les nomades quant à eux préférèrent éviter ces conflits en priant leur Divinité de leur accorder un sommeil de deux millénaires. Mais quand ils se réveillèrent, ils furent non seulement confrontés à des citadins beaucoup plus avancés technologiquement mais aussi à une hostilité tangible. Hostilité contre ces nomades ressurgit du passé mais aussi hostilité au sein même de la ville de 1400. Puis une nouvelle guerre éclata : la Révolution. Est venu à nouveau le temps du choix : se battre ou partir ? Ainsi naquit l’Exode, un mouvement rassemblant nomades et citoyens souhaitant fuir la guerre en partant par-delà les montagnes vers un territoire glacé où vit un peuple étrange.

Lorsque le passé et le futur se rencontrent...


    Sortie sous la pluie [pv Aaliyah]

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    Seth McPhetherztho'n
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    Qu'est-ce qui m'avait pris ?

    Mes jours de congé, je les passais enfermé chez moi. Enfermé, cloîtré. Rentré peu avant le jour, endormi jusqu'aussi tard que je le pouvais pour raccourcir la journée que j'aurais à passer. Dans l'attente que tout soit écoulé, que la nuit revienne, et le travail le lendemain. Mais cette fois… Non, pas cette fois.

    La veille au soir, Ania m'avait proposé de rester au salon avec elle. A discuter, entre frère et soeur. Habituellement, elle allait travailler dans sa chambre. Ou lire, ou que sais-je encore. Avait-elle fini par comprendre mon manège ? Etait-elle inquiète par les cernes qui creusaient un peu plus mon visage ? Avait-elle aperçu mes côtes en passant à côté de la salle de bain ?

    Je ne savais même pas si c'était pour m'empêcher d'aller faire n'importe quoi le soir ou simplement par envie de passer un moment avec moi. Envie d'être avec moi… Rien qu'à cette idée, même en y repensant, un sourire me venait aux lèvres. Même mes parents, parfois… J'avais l'impression qu'ils passaient un mauvais moment avec moi.

    Toujours est-il qu'à cause de cela… Je m'étais réveillé tôt. Avant neuf heures. Il faisait déjà jour, et tant d'heures me séparaient du nouveau soir… Qu'allais-je pouvoir faire ? Lire, lire, et encore lire ? Ania n'était pas là, bien sûr, elle était très occupée, trop, sans doute… Je me lavai longuement, je m'allongeai sur le canapé, je me disputai avec Truc tentant de me convaincre de faire quelque chose. Jusqu'à ce qu'il m'indique le temps : il faisait gris. Lourd, sombre. Un orage était même prévu pour l'après-midi.

    J'avalai un rapide repas, puisque la matinée tirait à sa fin, et m'habillai lourdement. Des vêtements bien couvrants, des chaussures montantes, des gants, une écharpe si jamais j'avais à cacher mon visage d'un éventuel soleil - je ne faisais pas confiance à la météo, pas alors que ça pouvait être une question de vie ou de mort - et un chapeau à larges bords.

    Je me décidai alors à sortir. En pleine journée, oui. J'étais effroyablement tendu lorsque je franchis le seuil de l'immeuble et je pressai le pas en direction d'un bar que j'appréciais, dans mon quartier. Histoire de ne pas aller trop loin, au cas où. J'avais dépassé la moitié du chemin lorsque des trombes d'eau s'abattirent sur les rues.

    Je vacillai au poids soudain sur mes épaules, posai une main sur le mur pour me soutenir. Le bord de mon chapeau m'était tombé sur les yeux, et je dus me résoudre à l'enlever pour y voir quelque chose, ce qui eut pour effet de coller mes cheveux à mes joues et mon cou. Je jurai, jetai un regard derrière moi. Mais le bar était plus près…

    Me remettre en route fut plus que difficile. Je n'avais pas l'habitude d'avoir autant de poids à soulever. Et mes habits gorgés d'eau ne se contentaient pas de doubler - ou tripler ? - mon poids, ils gênaient aussi mes mouvements. J'atteignis enfin la porte du bar, la poussai, et trébuchai en ne levant pas assez le pied pour la petite marche.

    Je m'étalai avec un couinement de surprise et de douleur, toutes les têtes se tournant vers moi. Le rouge me monta aux joues alors que je tâchais de me redresser. Je n'aurais pas pu faire mieux, comme entrée… Au moins, certains clients s'approchèrent de moi pour m'aider à me relever, et je les remerciai, le regard fixé par terre. Par les dunes, ce que je détestais me faire remarquer...

    "Ca va, je vais bien… Merci, ça va aller."

    Je me forçai à sourire, m'écartai et me laissai tomber sur la première chaise venue, dans l'espoir d'échapper un peu à tout ça et pouvoir me contenter de boire un verre et oublier ma déconvenue. Avant de remarquer que la table devant moi n'était pas vide, ramenant le rouge sur mes joues pâles.

    "Ah, pardonnez-moi, je ne vous avais pas remarquée. Je peux m'installer à une autre table si vous préférez, je ne voudrais pas vous déranger," déclarai-je immédiatement, même si j'avais tout sauf envie de me relever.



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    Je pose ma création encore tiède sur la table basse des objets en verre terminés et je m'essuie légèrement le front. Je caresse chacun des objets avec autant de lenteur que de douceur et je ferme un instant les yeux. Constatant que mon esprit est à deux cornes de partir dans d'autres contrées, j'ouvre mes paupières et je vérifie que tout est bien en ordre dans l'atelier. Ceci fait, je monte l'escalier plus ou moins naturel qui est taillé dans la roche et j'émerge sur les dunes de sable, non loin du campement des gazelles. Le ciel est quasiment noir ce qui permet aux étoiles de briller avec plus d'ardeur. Je contemple ce spectacle durant de longues minutes avant que le froid commence à infiltrer mes chevilles. Un sourire se forme sur mes lèvres et j'enlève le large tissu blanc entourant ma chevelure qui se relâche sur mon dos.

    La subtile brise fraîche fait tinter mes deux grelots qui sont accrochés au morceau de tissu blanc emprisonnant ma mèche avant gauche. Une légère ligne dorée apparaît alors dans ma vision et un léger sourire se peint sur mes lèvres. Je me mets en marche vers le campement avec mon habituelle lenteur. Arrivée à hauteur de ma tente je vois Yon qui relève sa tête vers moi. Il est allongé sur le flanc à côté de l'entrée de la tente et je m'accroupis pour caresser le bout de son museau. Je finis par entrer dans la tente en silence et je réveille discrètement Waël en lui embrassant sa joue gauche. Il ouvre les yeux quelques secondes plus tard et pointe un doigt interrogateur en direction de notre atelier. Je hoche la tête pour répondre à sa question silencieuse et je me relève pour mieux m'installer dans mes couvertures. Waël commence à peine à s'habiller que je suis déjà endormie.

    Mes paupières papillonnent alors qu'une main caresse tendrement ma joue. Mes yeux plongent dans le regard aimant de ma mère et nous échangeons des sourires discrets mais joyeux. Waël est en train de dormir et Philein est absent ; il a dû remplacer Waël à l'aube. Kayin est partie en cueillette et notre père est sans doute déjà au bazar. Je redresse mon dos et je sors des couvertures en m'asseyant en seiza juste à côté. Je plie les lourds tissus et je les range dans un coin de la tente. Je me dirige vers une sacoche et j'en sors tout juste mes vêtements de citadine quand ma mère se met à parler.

    - Liyah, tu ne devais pas aller en ville aujourd'hui ?

    Les douces couleurs de la voix de ma mère chevauchent ma vision et un petit sourire se forme au coin de mes lèvres. Décidément...

    - Si. Tu veux que je te ramène quelque chose ?
    - Du sel si tu en trouves et un peu de sucre roux en poudre.

    Je hoche la tête et mon expression naturelle, calme et paisible, annihile mon sourire. Je m'habille en silence et demande à ma mère de faire attention à elle avant de sortir de la tente. Je regarde le ciel orageux et rare en cette saison dans le désert et je me dirige lentement vers 1400. Yon me rejoint à la sortie du campement et s'arrête à l'ombre des palmiers au bord de l'oasis. Quelques heures plus tard je franchis le dôme et je m'avance vers les ruelles puis les rues animées de la ville. Le bruit me déconcerte toujours autant vu qu'il provoque dans ma vision toute une panoplie de couleurs sous différentes formes, lignes cercles tâches carrés courbes et beaucoup d'autres, et je contemple ce qui m'entoure sans m'en lasser. Les citadins se réfugient dans des tentes-en-verre-et-autre-chose-qui-ne-bougent-pas et cela attise ma curiosité. Lorsqu'une légère migraine vient poindre le bout de son nerf je m'arrête en regardant autour de moi. Il y a un bar non loin. Lentement et calmement je m'y dirige, mon expression n'ayant pas bougé depuis que je suis sortie de ma tente.

    Ce n'est qu'en entrant dans le bar que je constate que je suis trempée et qu'il pleut dehors. Le bruit tonnerre lance des éclairs blancs dans ma vision et je ne les remarque que maintenant. Je me dirige vers le comptoir pour demander un diabolo à la cerise et, une fois ma boisson en main et le paiement réglé, je me dirige vers une table vide. Je bois une gorgée de ma boisson en fermant les yeux et un vacarme soudain me fait rouvrir les paupières pour voir le résultat d'une entrée... fracassante. Je me lève pour aller proposer mon aide à l'homme aux cheveux blancs mais il la décline poliment. Insister dans ce genre de cas ne sert à rien. Je m'assois à ma table pour reprendre une petite gorgée de ma boisson en fermant les yeux de délice et, quand je les rouvre, une légère tâche couleur roche apparaît dans ma vision aussi vite qu'elle ne disparaît.

    Mon visage reste calme et paisible et j'écoute attentivement ce que me dit l'homme aux cheveux blancs. Je penche ma tête du côté droit, légèrement, pour montrer que je suis amusée sans que mon expression faciale change. Je lève ma main et secoue ma tête dans un tintement de clochettes pour lui dire qu'il n'y a pas mal.

    - Ne vous excusez pas, vous ne me dérangez pas. La chaise est libre c'est normal que vous l'ayez prise.

    Je reprends une gorgée de ma boisson et je remarque alors sa couleur de peau. Blanche. Une chevelure et une peau aussi blanches que celles de Salwa. Je ne prolonge pas mon observation, consciente que ça dérange assez souvent. Je boise mon regard serein et tranquille dans celui de mon interlocuteur en redressant ma tête.

    - Êtes-vous sûr que vous n'êtes pas blessé ?

    Au bout d'une dizaine de secondes mon regard dévie vers un des serveurs s'avançant vers nous et nous demandant ce que nous souhaitons prendre. Je lui désigne ma boisson sans changer d'attitude, il s'excuse sommairement de ne pas l'avoir vue et je lui fais comprendre que ce n'est pas grave. Il se retourne vers l'homme aux cheveux blancs tandis que je regarde autour de moi. Comment les citadins font-ils pour payer en pressant juste un bout de... papier ? bois ? verre ? autre chose ? contre un objet... métallique ? Et comment font-ils pour payer en tapant seulement sur une machine ? Ce concept m'échappe.

    H.R.P:
    Pardon du retard, je n'avais pas reçu les notifications de tes messages. J'ai perdu la main, ça faisait un moment que je n'avais joué la petite Liyah mais j'espère que ça te plaira. N'hésites pas à m'envoyer un mp si tu veux que je modifie quoi que ce soit.
    Seth McPhetherztho'n
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    Ce ne fut qu'après avoir parlé que je me rendis compte d'une chose : la jeune femme devant moi était venue me proposer son aide lorsque j'étais entré. Enfin, lorsque je m'étais lamentablement étalé sur le sol, plus exactement… Un son de clochettes me fit soudain tressaillir, et je mis quelques secondes à réaliser qu'il venait de mon interlocutrice. Qui avait des clochettes dans les cheveux, ce qui était assez… atypique.

    Mais après tout, si elle avait envie de tinter dès qu'elle bougeait la tête… Ce n'était pas moi qui allais me moquer des habitudes et des petites manies de mes semblables. Loin de là, même… J'eus un sourire lorsqu'elle m'autorisa à rester et la remerciai d'un hochement de tête qui me mit des mèches trempées dans la figure.

    "C'est gentil à vous. Ca ne m'aurait pas non plus dérangé d'aller m'installer à une autre table, alors…"

    Je baissai les yeux en sentant son regard sur moi et m'occupai de renvoyer mes cheveux derrière mes épaules. J'avais l'habitude que les gens me dévisagent, et je détestais ça, mais… Je n'allais pas me mettre à crier de ne pas me regarder. Alors je résistai à mon envie d'attraper mon chapeau pour me cacher derrière et attendis, le regard fixé sur mes mains. Heureusement, cela ne dura pas longtemps, et je pus relever les yeux, croisant son regard.

    Je ne m'attendais pas à ce qu'elle revienne sur mon entrée fracassée et rosis tout en secouant la tête pour la rassurer. Je n'avais jamais réussi à savoir si j'étais touché ou agacé par les gens qui semblaient vraiment s'inquiéter pour moi… Les deux, peut-être.

    "Oh, oui, je n'ai rien de grave, je suis juste tombé. Dans le pire des cas, j'aurai quelques bleus, j'y mettrai une pommade en rentrant chez moi."

    Et il y avait des chances que ce soit le cas. je savais que je marquais facilement, avec ma peau pâle. Ce qui n'était pas pour me remonter le moral… Mais au moins, je n'avais plus vraiment mal, donc je ne devais définitivement pas être blessé. Ce qui aurait été un comble, en m'étalant juste de ma hauteur !

    Je tournai la tête vers le serveur lorsqu'il vint prendre ma commande et hésitai brièvement avant de commander une simple bière. J'aimais bien les boissons un peu plus… complexes, habituellement, mais je n'avais pas eu le temps d'y réfléchir, et je ne voulais pas retenir le serveur trop longtemps.

    Je le payai dès qu'il revint avec ma boisson, pour ne plus avoir à y penser ensuite, et eus un soupir en prenant une gorgée de bière. Merveilleuse idée que j'avais eue, décidément… Enfin, mieux valait qu'il pleuve plutôt que de voir soudainement le soleil apparaître… Et puisque je n'étais pas seul à ma table, je me décidai à reprendre la parole.

    "En tout cas, c'est agréable de tomber sur quelqu'un de serviable comme vous. Enfin, je ne vais pas tomber dans le travers de dire que tous les gens sont égoïstes et désagréables, ce serait stupide…"

    Je fis une brève pause, hésitant. Je ne savais pas si ce que j'allais dire pouvait être vu comme indiscret, mais… Tant que je restais poli, il n'y avait pas de raison pour qu'elle le prenne mal, après tout. Et dans le pire des cas, je m'excuserais, et voilà tout.

    "J'ai cru vous voir curieuse de l'endroit où nous étions, c'est la première fois que vous venez ici, peut-être ?"

    Hrp:
    Ne t'en fais pas, c'est très bien ! J'ai beaucoup aimé ta réponse =)



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    Il rosit à ma question et je penche discrètement la tête de côté. Il n'a pas la peau aussi blanche que celle de Salwa, en fin de compte. Il secoue sa tête pour me dire qu'il n'est pas blessé et je hoche la tête, d'un air entendu. Je m'apprête à lancer un tout autre sujet de conversation mais il reste sur le sujet de sa blessure. Je prends une gorgée de ma fraîche boisson en l'écoutant et un sourire fin se dessine au coin des lèvres. Il a la sincérité d'un Oryx avec ses gestes, à en croire ses mots. Je ne réagis pas à ce qu'il vient de dire, considérant ce pan-là de la discussion clos.

    Le serveur vient alors nous interrompre pour prendre nos commandes. La commande du Platiné plutôt vu que j'ai déjà la mienne. Je laisse l'homme aux cheveux blancs commander et j'en profite pour regarder autour de moi. Observer les citadins payer sans... sans argent. Qu'avec un bout de papier-carton-plastifié-qui-ne-casse-pas et un objet-métallique-faisant-des-bip-bip-quand-on-tape-dessus. Je ne comprends pas comment ils font pour payer avec ça. J'observe chaque citadin payant avec ce moyen-là, avec un peu trop d'insistance peut-être mais jamais trop longtemps, et je reprends une petite gorgée de ma boisson qui me rafraîchit l’œsophage. ... Le concept de ce moyen de paiement m'échappe complètement.

    - En tout cas, c'est agréable de tomber sur quelqu'un de serviable comme vous. Enfin, je ne vais pas tomber dans le travers de dire que tous les gens sont égoïstes et désagréables, ce serait stupide…

    Je tourne ma tête vers le citadin-blanc dès que la couleur de sa voix estompe par endroit ma vision et je l'écoute attentivement par la suite. À la fin de son remerciement, je souris et je hoche la tête. Quant à la suite, je suis entièrement d'accord. Tous les êtres vivants ne sont pas égoïstes et désagréables, l'admettre et l'accepter sont déjà la preuve d'honnêteté et de sincérité.

    - C'est aussi agréable de rencontrer des personnes sincères, honnêtes et polies comme vous., je dis de ma voix cristalline d'enfant de cinq ans.

    Je penche ma tête de côté en faisant tinter mes grelots, mon visage calme et apaisé posant sur lui un regard tranquille. J'entends comme je "vois" sa voix quelques instants plus tard et j'écoute sa question avec attention. Ah, visiblement j'ai bel et bien été indiscrète... Personne ne s'en est plaint donc j'imagine que ça signifie que je n'ai dérangé personne. Je ferais plus attention la prochaine fois. Un sourire doux étire mes lèvres alors que je réponds à son interrogation.

    - Oh non, ce n'est pas la première fois que je viens ici. Même si ça m'intrigue toujours autant de vous voir payer sans... argent sous forme de pièces ou de billets. Comment s'appellent ces... hm... cartes-en-papier-plastifiées ? Et cet objet métallique là-bas qui fait du bruit quand on tape dessus ? Ils servent à quoi ?, je lance alors, d'une voix beaucoup plus curieuse même si toujours calme et posée.

    La curiosité pure fait même pétiller mon regard. Je bois une gorgée de ma boisson, décidant de m'arrêter de parler vu le nombre de questions que je viens d'enchaîner. Il faut que je respire et lui aussi. Je penche un peu ma tête de côté, nullement gênée, simplement soucieuse de ne pas l'avoir trop encorné. Je lui demanderai après comment on les fabrique et comment ces deux objets marchent.
    Seth McPhetherztho'n
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    Sincère, honnête et poli… Depuis combien de temps n'avais-je pas été décrit ainsi ? Avais-je un jour, pour commencer, été décrit ainsi ? Vu le peu de rapports que j'avais avec les autres, j'avais un gros doute sur le sujet. J'avais dans l'idée que les mots les plus utilisés par ceux qui parlaient de moi, comme mes collègues, n'étaient pas du tout dans le même champ lexical que ceux dont la jeune femme avait usé. Et estimer que j'étais sincère et honnête alors que nous n'avions échangé que quelques phrases… C'était un peu rapide, non ?

    Mais je n'allais pas me plaindre que quelqu'un ait une première impression positive de moi. Je n'étais pas encore tombé autant dans la dépression, j'arrivais encore à garder la tête hors de l'eau. La meilleure preuve était tout simplement ma présence hors de chez moi, alors qu'il faisait jour. A moins que ça ne soit l'expression d'envies suicidaires sous-jacentes… ? Mais je n'en avais pas l'impression, même si j'avais souvent tendance à me voiler la face sur le sujet.

    Peut-être qu'il faudrait que j'y pense un peu plus, lorsque je serais rentré chez moi, au calme… Si j'en avais le courage, et que je ne préférais pas me mettre à autre chose, ou tout simplement m'écrouler sur mon lit si je restais longtemps dehors, avec la fatigue que cela impliquait. Je me connaissais trop bien pour avoir des illusions sur le sujet...

    "Je suis touché, j'essayerai de ne pas vous donner de raisons de revenir sur cette opinion."

    Ma réponse n'était peut-être pas très naturelle, mais je n'avais… jamais eu à répondre à ce genre de choses. Une série de compliments, dont je ne voyais pas vraiment ce que j'avais fait pour mériter ça… Ce n'était pas désagréable, mais c'était perturbant, à tout le moins. Heureusement, nous n'étions pas voué à rester sur le sujet bien longtemps.

    Je haussai un sourcil surpris lorsqu'elle m'expliqua que ce n'était pas sa première venue ici. Pourtant, à la voir curieuse, j'avais cru… Mais peut-être était-elle simplement d'un naturel très curieux, qui la faisait regarder autour d'elle de cette manière. Ou peut-être… qu'elle était une nomade, réalisai-je soudain, face aux questions qu'elle me posait.

    Pour qu'elle ne connaisse pas les moyens de paiement technologiques, je ne voyais vraiment que cela. Et cela aussi… me perturbait. Pourtant, cela n'aurait pas dû, mais je n'avais pas souvenir d'avoir déjà réellement discuté avec un nomade. Et ce n'était pas mon métier qui allait me permettre d'être en contact avec eux…

    "Ah, vous… n'êtes pas d'ici, c'est ça ? Pardon, je n'avais pas réalisé. En fait, nous avons plusieurs moyens de payer sans utiliser directement de monnaie. Je pense que vous parlez des cartes bancaires et du terminal où on les insère ? Je ne sais pas comment ça fonctionne exactement, mais, après avoir mis la carte dans le terminal, on tape un code qu'on est le seul à connaître, composé de quelques chiffres, et ça envoie un signal à la banque qui garde notre argent, pour lui dire ce qui doit être payé.

    Mais ce n'est pas le seul moyen, on peut aussi payer avec des appareils informatiques, par exemple. Mais là, je sais encore moins comment ça fonctionne, je ne l'utilise pas vraiment, je sais juste que certains le font."


    Vu ce que je faisais lorsque je n'étais pas chez moi… En général, je n'allais pas à des endroits où c'était possible, ni vraiment conseillé. Je pris une gorgée de bière, ne voyant pas vraiment ce que je pouvais rajouter sur le sujet. Ce n'était pas des questions que je m'étais déjà posé, en fait… Tout le monde s'en servait, j'avais toujours vu les choses fonctionner ainsi, alors… Tant pis si je ne comprenais pas, je ne pouvais pas tout comprendre de tout ce que nous avions créé.

    "Je ne suis pas le mieux placé pour expliquer tout ça, il faudrait demander à des gens qui travaillent là dedans, désolé. Je sais juste m'en servir."

    Je doutais qu'elle veuille avoir des informations sur les seuls domaines où j'étais réellement compétent, alors…  Je n'allais pas en parler, je n'étais pas stupide. Et je n'avais pas non plus spécialement envie de parler de cadavres au milieu d'un bar…

    "Il doit y avoir beaucoup de choses qui vous semblent étranges, je suppose… J'ai du mal à imaginer comment doit être une vie en dehors de la ville. Je ne m'étais pas vraiment posé la question. Il faut dire que je ne peux pas me permettre de sortir dans le désert, alors…"

    Je ne risquais pas d'aller rendre visite aux nomades qui s'étaient installés non loin, après tout. A quoi cela pourrait-il servir que je sois curieux envers eux ?

    "Mais si vous vous intéressez à la carte bancaire, je peux nous commander autre chose pour que vous observiez ? Une glace, par exemple ? Si vous aimez ça, ou si vous voulez goûter, je ne sais pas si vous avez déjà essayé."



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    Sa simple phrase fait apparaître un sourire léger sur mes lèvres, sans que je ne reprenne la parole. Je n'en vois pas l'utilité. J'espère aussi ne pas avoir à revenir sur cet opinion mais, après tout, qui sait ce que l'avenir nous réserve... Même la Gazelle Blanche ne saurait le dire avec exactitude. Quand il me pose une autre question et que je lui réponds tranquillement que je n'en suis plus à ma première visite à 1400, sa première réaction est de hausser un sourcil. Je ne sais pas comment je dois interpréter ce geste, ni si je dois l'interpréter ou non, alors je me contente de terminer posément mon explication. Un instant de silence s'instaure à notre table, silence que je savoure d'ailleurs, et j'en profite pour reprendre une gorgée de mon diabolo cerise. Hm... quand je l'aurais fini je prendrais un milkshake au citron vert. Cette boisson est étonnamment fraîche et a un goût des plus exquis, sucré certes mais aussi acide. C'est un mélange que j'apprécie.

    Je mets ces pensées de côté lorsque je vois une tâche cyan s'inviter dans ma vision, signe que mon interlocuteur est en train de parler, et j'écoute ce qu'il dit avec attention, posant sur lui un regard aussi apaisé que calme et serein. Pourquoi s'excuse-t-il... ? Ce concept aussi m'échappe, pourquoi les citadins s'excusent de ne pas savoir quelque chose ? Je penche légèrement ma tête du côté droit, faisant tinter subtilement mes grelots, pour montrer que je ne comprends pas sans que mon expression faciale ne change. Je ne me focalise pas sur ça non plus et je continue de l'écouter attentivement. Carte bancaire... ? Pourquoi bancaire ? Je garde cette question dans un coin de ma tête mais je retiens le nom des deux objets. Je le regarde intensément durant son explication, sans penser une seule seconde que cela peut le déranger, et un sourire orne mes lèvres à la fin. J'incline respectueusement la tête pour le remercier tout en réfléchissant à ce que je viens d'apprendre.

    Signal ? Banque ? Je ne comprends pas ça non plus. Il ne semble pas très bien renseigné mais, sitôt pensé, je jette ce jugement hors de mes pensées. Peut-être est-il simplement habitué à ça, comme beaucoup de citadins, et ce n'est pas toujours facile d'expliquer ses habitudes. Je demanderai à Lyunn, il saura sans doutes étancher ma curiosité ou me rediriger vers les personnes qui sauront le faire. Chacun son domaine de prédilection, après tout, je n'ai pas à juger quelqu'un pour ça. Son explication a déjà permis de me faire comprendre et de m'éclairer en plus de répondre implicitement à une autre de mes questions donc c'est énorme. Il s'excuse alors et me dit de m'adresser à des professionnels, ce qui me fait pencher la tête dans un tintement carillonant. J'ai l'impression qu'il vient de lire dans mes pensées de tantôt et ça m'amuse.

    - Ne vous excusez pas, vous m'avez aidé à comprendre et c'est déjà beaucoup. ... Cela dit, qu'est-ce qu'une banque... ? Et à quelles personnes devrais-je m'adresser pour en savoir plus, d'après vous... ?

    Sa phrase déclenche un doux rire carillonant de ma part, léger et subtil. Étrange ? Bien au contraire, toute cette technologie, ces moeurs et coutumes différentes, tout cela m'attire et m'intéresse. Cela me donne envie d'en savoir plus. Peut-être est-ce cela qu'il entend par le mot « étrange »... ? Je souris paisiblement, calmant ainsi ma légère hilarité passagère. Ce qu'il dit par la suite, en revanche, me fait doucement arquer un sourcil. Il ne peut pas se permettre de sortir dans le désert... ? Je le laisse poursuivre, souriant d'ailleurs à sa proposition, même si ce qu'il a dit un peu plus tôt me tracasse plus l'esprit.

    - Ne me répondez pas si je suis indiscrète mais... Pourquoi ne pouvez-vous pas vous permettre de sortir dans le désert ?

    La sécheresse dans l'air ? Le sable brûlant ? Les écarts flagrants de température entre le jour et la nuit ? Le soleil écrasant ? Il est vrai que, sous le dôme de 1400, tout cela semble beaucoup plus atténué. C'est reposant d'une certaine façon même si cela me déstabilise toujours autant. Je pose mon coude sur la table et je laisse reposer ma joue droit contre ma paume droite tout en prenant la paille de ma boisson entre les lèvres. J'..aspire... ? je suppose que c'est ça. J'aspire une nouvelle gorgée, constatant avec amusement que j'ai déjà descendu les trois quart de mon diabolo cerise et je réponds enfin à sa proposition. Le sujet de son impossibilité de sortir d'en-dessous le dôme de 1400 est peut-être sensible, autant revenir sur autre chose.

    - Je ne voudrais pas vous lapider non plus... mais si cela ne vous gêne vraiment pas, je veux bien.

    Cela me.. gêne qu'il m'offre quelque chose. Pas dans le sens où je ne l'accepte pas, plutôt dans le sens où je ne veux pas qu'il se sente obligé de dépenser pour pouvoir mieux m'expliquer. Je passe une main dans nuque, gênée, et mon regard toujours tranquille se boise dans le sien. S'il tient à m'offrir quelque chose je ne vais pas dire non mais... tout de même. C'est gênant. Ou, plus exactement, c'est gênant parce que je ne m'y attendais absolument pas. C'est surprenant alors... ? Je secoue légèrement ma tête dans un doux carillon de clochettes, me sortant ainsi de mes pensées sinueuses.

    - Vous en prendrez aussi ? De la glace, je veux dire.

    Je regarde sur notre table s'il y a une carte pour les glaces et, n'en voyez pas, je m'excuse auprès de mon interlocuteur pour aller directement demander à un serveur qui arrive au comptoir. Il me donne la carte des desserts, comprenant pâtisseries, gâteaux et glaces, ainsi que celle des boissons et je le remercie en retournant à ma table avec mes trouvailles. Je passe légèrement ma main sur le plastique, un sourire curieux en coin. Pourquoi du plastique... ? Le papier est plus agréable au toucher... Hm. Sans doutes une question de cultures différentes. Je mets de nouveau cette question de côté, je la poserai à Lyunn. Mes yeux se lèvent vers le Platiné.

    - Ah, si cela ne vous dérange pas, puis-je vous demander votre nom ?
    Seth McPhetherztho'n
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    Date d'inscription : 19/10/2016

    J'eus un mince sourire lorsqu'elle me répondit que je l'avais aidée à comprendre. Je n'avais pas eu l'impression de lui donner des explications vraiment pertinentes, mais si telle était son sentiment, je n'avais qu'à m'en féliciter. Et, heureusement, les deux questions qu'elle ajouta à sa déclaration étaient assez simples pour que je n'aie pas trop à réfléchir avant de reprendre la parole. La discussion avait un côté un peu… irréel, tant je ne m'attendais pas à avoir une telle conversation un jour.

    "La banque, c'est l'endroit où notre argent est gardé, en sécurité. Ca nous évite de garder tout chez nous, et lorsque nous en avons besoin, nous n'avons qu'à en demander. Pour les personnes auxquelles vous adresser… Je ne connais pas spécifiquement, mais je suppose que vous adresser à une banque, justement, vous permettra d'en savoir plus, vous devriez trouver quelqu'un qui connait le fonctionnement technique de ce genre de choses."

    L'envie de passer un moment dont je pourrais être fier, en étant aimable et serviable, me poussa à proposer autre chose qui pouvait l'intéresser. Mais si je m'étais attendu à ce qu'elle réponde en m'interrogeant sur ce qui m'empêchait de sortir dans le désert… Je me pétrifiai, l'espace de quelques secondes. Si elle était indiscrète… Oui, bien sûr. Rien n'aurait pu être plus indiscret, sans doute. Rien n'aurait pu davantage fouiller dans ce que j'étais venu fuir en entrant dans ce bar…

    J'aurais voulu lui répondre, lui dire que je ne répondrais pas. Mais je n'arrivais pas à décoller ma langue de mon palais, et je restai à la fixer, sans doute avec une détresse sourde visible dans mon regard… en tout cas pour ceux qui me connaissaient. Je n'arrivai à me reprendre que lorsqu'elle rebondit sur ma proposition de glace, et je forçai un mince sourire sur mes lèvres.

    "Je prendrai quelque chose aussi, oui. Une glace, comme vous, ça sera une bonne idée."

    Depuis combien de temps n'avais-je pas pris de glace ? Ce n'était pas quelque chose auquel je pensais souvent, l'idée m'en était venue en voyant son diabolo, mais…  Ce n'était pas désagréable. Cela me changerait de mes habitudes, ce qui n'était pas plus mal, en un sens. Ania essayait souvent de m'y pousser.

    Pendant que la nomade alla demander la carte des glaces, je me passai une main dans les cheveux, les rejetant en arrière. Je pris une inspiration, la bloquai quelques secondes, puis la relâchai lentement. Je n'avais aucune raison de stresser. Aucune raison de me sentir mal. Tout allait bien, je ne devais pas me laisser gagner…

    Ce fut un sourire moins tendu que j'adressai à la jeune femme lorsqu'elle revint, et je me laissai aller contre le dossier de mon siège. Me calmer. Me détendre. Cela ne devrait pas être si difficile, non ? Les autres y arrivaient bien. Pourquoi pas moi ?

    "Oh, oui, je m'appelle Seth McPhetherzthon. Vous pouvez m'appeler Seth, je sais que mon nom est difficile à prononcer. Et vous ?"

    Je me penchai ensuite sur la table pour regarder la carte des desserts, me focalisant rapidement sur les glaces. Mais j'avais beau réfléchir… Je ne me souvenais pas vraiment de ce que je pouvais aimer, particulièrement, comme parfum… Je parcourus donc du regard les coupes toutes prêtes, et je me décidai pour un colonel, attiré par le côté alcoolisé.

    Nous passâmes commande, et j'invitai d'un regard la jeune femme à être attentive lorsque je la payai, faisant exprès de prendre mon temps pour qu'elle puisse bien observer la chose. Puis, après quelques cuillerées de glaces que je pris dans le silence, je ralentis mon geste. Pourquoi repensais-je à la question personnelle qu'elle m'avait posé… ?

    Ania m'aurait certainement dit qu'il fallait que j'aie le courage de parler de ce que je vivais pour me donner le courage de le vivre. Ou quelque chose dans le genre. Ce n'était pas facile, mais… Ma compagne du jour semblait gentille et compréhensive…

    "Je suis navré d'avoir gardé le silence sans explication à votre question. C'est quelque chose d'assez… sensible, pour moi, en effet, mais je… crois que je peux vous expliquer."

    Une fois ces mots prononcés, je ne pouvais plus réellement faire demi-tour. J'aurais pu fuir, comme je le faisais souvent, mais… Non, pas cette fois. Cette fois, je voulais pouvoir annoncer fièrement à Ania que je ne m'étais pas enfui face à une difficulté.

    "J'ai une… maladie. Le soleil est mauvais pour moi, très mauvais. Si je m'y expose trop, je risque de mourir rapidement. Même en journée, dans la ville, je me couvre énormément pour que le soleil ne touche pas ma peau. C'est pour ça qu'en général, sauf quand il fait mauvais, j'attends la nuit pour aller dehors."

    Le simple fait d'expliquer cela m'avait été difficile, et je m'obligeai à reprendre quelques cuillères de glace, comme pour faire passer le goût amer que cela m'avait laissé dans la gorge et qui, je le savais, ne s'estomperait jamais réellement.

    "Pardonnez-moi, je ne voulais pas donner une impression de déprime. Je m'en sors bien, j'ai un travail, j'ai réussi à faire ma vie en fonction de cela… J'ai même des loisirs et des soirées où j'oublie totalement mon état. Je ne vais pas m'apitoyer sur mon sort…

    … Parce que je le faisais assez fréquemment seul.

    "C'était simplement pour ne pas vous laisser dans l'ignorance, ou vous donner l'impression que vous m'aviez blessée avec votre question. Je n'en parle simplement pas souvent, j'ai dû réfléchir avant de m'y décider."

    Et j'avais, définitivement, trop tendance à m'étaler sur le sujet. Aussi eus-je un sourire avant de reprendre, de but en blanc :

    "Comment trouvez-vous cette glace ?"



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