Agartha. Un désert, où cohabitaient nomades et sédentaires. Cependant l'assèchement progressif des oasis développa la cupidité des sédentaires qui se mirent en guerre les uns contre les autres. Les cités tombèrent une à une devant ce fléau jusqu'à ce qu'il ne reste que 1400. Les nomades quant à eux préférèrent éviter ces conflits en priant leur Divinité de leur accorder un sommeil de deux millénaires. Mais quand ils se réveillèrent, ils furent non seulement confrontés à des citadins beaucoup plus avancés technologiquement mais aussi à une hostilité tangible. Hostilité contre ces nomades ressurgit du passé mais aussi hostilité au sein même de la ville de 1400. Puis une nouvelle guerre éclata : la Révolution. Est venu à nouveau le temps du choix : se battre ou partir ? Ainsi naquit l’Exode, un mouvement rassemblant nomades et citoyens souhaitant fuir la guerre en partant par-delà les montagnes vers un territoire glacé où vit un peuple étrange.

Lorsque le passé et le futur se rencontrent...


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    Klog Mu'Arjin
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    Klog se laissa glisser de Tunuo à regret et tituba jusque dans sa tente.
    Le affaires reprenaient, et sa lignée atypique de chameaux avait plus de succès que jamais.

    Elle se sentait épuisée, les muscles enroulés autour des os tendus et engrumelés. Elle ferma les yeux, et attendit.

    Il devait se passer quelque chose, mais quoi ? Le sable sous sa tête était tiède mais désagréable, il grattait, et sa nuque était tordue.

    Tunuo glissa sa grande tête à travers la fente de la tente et la posa sur ses chevilles, tirant sur ses vêtements.

    Elle s’était laissée glisser au sol, espérant atterrir dans son lit. Mais les choses ne marchaient pas comme ça.

    Elle se redressa laborieusement, étourdie, et tira ses jambes et le bas de son pantalon hors de porté des dents de Tunuo qui ne protesta pas.

    Il fallait qu’elle se lève, qu’elle nourrisse Tunuo et elle même. Il n’était pas encore très tard, donc elle allait sans doute devoir faire un dernier tour autour du troupeau, mais quand tout le monde serai endormi.

    C’était pour ça qu’elle était là, parce qu’elle n’en pouvait plus de voir du monde, se rappela-t-elle.

    Elle pensa à aller voir Nililo, mais il lui semblait se rappeler qu’il était toujours avec les gens. Il devait y avoir une fête ou un cérémonie, mais elle ne pouvait plus se rappeler.

    Elle ferai une prière au Serpent avant de se coucher.

    Les comptes avaient été fait pendant la journée, sur le dos de Tunuo alors qu’elle était encore alerte, et elle s’en félicita. Ils devaient être bien tenus, elle avait une transaction importante bientôt.

    Elle allait peu être devoir se débarrasser de reproducteurs intéressant, définitivement, si elle n’arrivait pas à évoquer suffisamment le souvenir de sa famille, et les liens qu’elle portait avec elle.

    Tunuo souffla. Klog se rendis comte qu’elle s’était laissé glisser dans le sable à nouveau, parce qu’elle n’avait pas eu le courage d’étendre un tapis. Elle ne se rappelait même plus quand et comment elle avait monté sa tente.

    Tunuo grogna encore. Elle ne pouvait pas dire combien de temps elle avait passé allongée.

    « Oui, je sais, merci ma belle. Je pense que tu a mérité de manger en première, non ? » Elle n’attendait pas de réponse, les chameaux ne parlaient pas. Elle flatta le museau de Tunuo à la place, et sorti le fourrage qu’elle gardait pour sa chamelle. Le reste de ses bêtes avait déjà été nourries, et elle savait qu’elle devrait laisser Tunuo un peu plus avec le troupeau, mais elle avait un besoin vital e la chamelle, constamment, et Tunuo n’avait jamais semblé malheureuse de son sort. Alors Tunuo dormais à coté d’elle, et mangeait en même temps.

    Nililo désapprouvait, autant pour la chamelle que pour elle, arguant qu’elle n’arriverait jamais à se remettre à marcher correctement, et Klog le craignait, mais Nililo ne comprenait pas. Ce n’est pas exactement comme si elle avait le choix.

    Nililo se déplaçait avec une cane, et elle sentait qu’il était vaguement en colère contre elle : un corps jeune mais ne s’en sert pas… Un véritable gâchis.

    Mais. Tunuo s’était arrêté de mangé pour la fixer et la poussa de la tête vers sa marmite.

    Klog soupira. C’est aussi pour ça qu’elle avait nourrit Tunuo en premier. De l’eau et du fourrage, quelques herbes si c’était nécessaire, et c’était fait. Pour les humains il fallait cuisiner, et elle ne se souvenait plus du tout du processus.

    Elle pouvait éplucher, ou faire cuire, ou émincer, mais la succession d’étapes était un obstacle énorme.

    Dans le Rêve elle ne cuisinait jamais. Des fois elle arrive à se dire que ce n’était pas une raison et elle essayait quand même, mais ce n’était pas une de ces journées. La plupart du temps elle mangeait avec d’autres gens.

    Elle finit par sortir de fontes qu’elles avait enlevé à un moment ou un autre, par réflexe sans doute, des flancs de Tunuo des lanières de viandes séchés et des galettes de farines.

    Elle manchonna son repas avec un grand bol d’eau, et s’allongea.


    Elle se réveilla avant l’aube, et s’occupa de son troupeau dans la fraîcheur agréable de la nuit, enveloppée dans un grand manteau. Elle se sentit tout à fait lucide, alors aujourd’hui elle s’occuperait des préparatifs pour la rencontre commerciale approchant un peu plus à chaque instant.

    Après s’être occupée du troupeau, elle revint vers le campement. Tout était désert, des feux finissaient de ronger leur dernières braises. L’odeur de la cendre et de la viandes grillée flottait dans l’air au rythme de la brise. Elle marchait à coté de Tunuo, la main appuyée sur son encolure, et ses mouvements étaient fluides. Elle se força à garder les bras le long du corps et le pieds sur terre, et elle retourna vers sa tente. Elle déchargea encore une fois les fontes de Tunuo qui se recoucha, et sortit son coffre.

    Il était d’un joli bois sombre, solide, joliment sculpté et… Elle manqua de s’étouffer. Plein de poussière.

    Elle se frotta les yeux, et toussa. Le sensation était abominable.

    Les larmes chassèrent bientôt le picotement et sa vue revint.

    Elle étendit les tenues ouvragées autour d’elle, et elle aurait pu se croire dans un tombeau, ou une grotte. Elles sentaient affreusement le renfermé, pire encore que dans ses souvenirs. Quelques broderies étaient abîmées. Elle pourrait essayer de les retoucher elle même, mais elle n’avait ni le temps ni assez de confiance en sa capacité à coudre, sans même parler de motifs si particuliers et délicats.

    Et elle allait avoir besoin de parfums pour masquer l’odeur, parce que même en aérant les tenues chaque jours jusqu’au rendez vous, vu sa force, elle resterait cramponnée aux fibres du tissus.

    Il faudrait aussi qu’elle rénove un peu les fourrures, mais elle n’en ferait pas un cas si ce n’était pas possible dans un laps de temps si cours.

    Elle allait aussi avoir besoin de nouvelles cosmétiques, mais c’était moins urgent.

    Elle se souvenait. Il y a un certain temps, elle avait escorté Nililo à une cérémonie des douze ans, et elle était resté un peu avec son oncle et le Doyen. La jeune fille appartenait à la famille Mu'Zineb. Ses parents dormaient encore. Elle se demanda si avoir des proches comme ça, encore plongés dans le sommeil, c’était une sensation proche d’en avoir perdu un. Elle se demanda si ils Rêvaient encore.

    Son deuxième nom avait été… Fleurs ? Bouquet ? Elle ne pouvait plus se souvenir, mais la petite était bonne parfumeuse. C’était curieux, parce qu’il lui semblait que sa famille était traditionnellement façonnière, mais elle supposa que c’était surtout un savoir faire, la fauconnerie, pas un héritage comme son troupeau. Elle avait peu être un esprit rebelle, comme sa sœur. En tout cas elle était plus calme. Et peut être qu’elle n’était pas l’aînée, aussi.

    Elle irait la voir, pour le parfums, et elle lui demanderait si elle ne pouvait pas lui confier aussi ses vêtements. Peut être connaissait elle quelques teintures si elle se servait régulièrement de plantes. Ou peut être que son mentor pourrait lui dire.

    Oui, négociation avec une enfant avant d’attaquer les choses sérieuse, c’était très bien.

    Elle lui en parlerait avant que le clan se mette en route. Elle passa la tête à travers la fente de la tente. Tunuo remua et avec la lumière rasante du lever de soleil,le désert lui sembla rose, presque violacé.

    Ca réveilla la vieille sensation de pierre rampantes dans sa gorge. Elle força un gorgé d’eau derrière sa glotte moite. Le désert était ocre.

    Ses mouvements avaient perdu de leur aisance, donc elle se jucha sur Tunuo. Elle demanda à un membre du clan en train de raviver un feu pour faire du thé ou elle pouvait trouver la famille Mu’Zineb, et le nom de la petite.

    On lui indiqua que Nour Rawda Mu’Zineb vivait avec sa grand-mère, pas très loin vers le nord. On lui donna un petit gâteau au miel qu’elle savoura en souriant, et elle rassura son interlocuteur : bien sur qu’elle pouvait regarder la patte de leur dromadaire, il leur suffisait de s’approcher de Tunuo avec la bête en question, n’importe quand. Elle le remercia pour la pâtisserie et les indications, et se remit en route.

    Rawda. Ce n’était donc pas bouquet ni fleur, mais jardin de fleurs. C’était un joli nom. Elle se dirigea vers le nord jusqu’à la tente en question. Les gens commençaient à s’éveiller autour d’elle. De la fumée montait de la tente des Mu’Zineb, et une vieille dame était devant.

    Tunuo la laissa descendre docilement. Elle se racla la gorge.

    « Excusez moi, je cherche Rawda Mu’Zineb ? » dit elle, souriante.



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    Nour s'était levée aux aurores. Il lui fallait se lever tôt pour pouvoir terminer son travail quotidien avant le départ du clan. Chaque matin, sa première tâche était de partir dans le désert pour récolter des fleurs. D'ordinaire, elle n'en trouvait pas beaucoup et il lu fallait se déplacer tous les jours pour espérer réunir suffisamment de matière première pour fabriquer de l'essence de fleurs.

    Ce jour-là commença différemment toutefois car ayant passé la journée de la veille dans l'oasis elle disposait d'un stock de fleurs bien plus important que d'ordinaire ce qui lui permit de passer directement à une tâche qu'elle réservait d'habitude pour le soir, après que le clan se soit installé pour la nuit: la distillation.

    Elle commença par enlever les fleurs de leurs tiges, en les triant attentivement avant de les placer dans la cuve. Celle-ci étant relié à un alambic rempli d'eau qui fut une fois la cuve remplie porté à ébullition. Il suffisait ensuite à l'essence ainsi extraite des fleurs de passer dans un tube torsadé servant de refroidisseur avant de finir dans l'essencier. Une fois le processus terminé, il lui faudrait filtrer l'essence obtenue avant de la stocker mais elle avait un peu de temps avant cela.

    Après avoir lancé plusieurs distillateurs, elle sépara les fleurs de safran en deux piles. L'un serait utilisés pour la cuisine, l'autre pour la teinture. Cela fait, elle nota que sa grand-mère s'était levée de sa paillasse et s'activait autour du feu. Nour s'empressa d'aller lui prêter main forte pour préparer le petit déjeuner puis alla secouer Leïla qui dormait encore.

    Les trois femmes mangèrent en silence, puis Nour retourna à ses plantes. Elle était en train de filtrer l'essence des fleurs lorsqu'un raclement de gorge se fit entendre. Nour leva les yeux vers le pan de tente, que Grand-Mère avait soulevé après le petit-déjeuner et vit une femme brune à la chevelure frisée se tenir dans l'ouverture.

    "Excusez moi, je cherche Rawda Mu’Zineb?" dit la femme.

    "C'est moi." appela Nour du coin de la tente où elle se trouvait, ne pouvant se déplacer du fait de son activité. "Entre, je suis à toi dans quelques minutes."

    Elle continua son filtrage, puis, cela fait, transvasa adroitement l'essence obtenue dans un conteneur hermétique. Elle répéta l'action pour les trois distillateurs avant de se tourner vers son invité à qui Grand-Mère avait remis une tasse de thé pendant qu'elle avait le dos tourné.

    "Excuse-moi de t'avoir fait attendre." dit la jeune parfumeuse en s'approchant de la jeune femme une fois son travail accompli. "Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider?"

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    Klog passa la main sur le cou de Tunuo. Elle jeta un œil autour d’elle : il n’y avait pas de stock de nourriture en vue, et la chamelle avait l’air assez calme. Elle lui faisait confiance pour ne pas faire de bêtise. Elle se redressa et fit très attention à ses pas en entrant. Elle voulait faire bonne impression, et elle devait être capable de faire ça, rien que pour la rencontre approchante avec ses acheteurs.

    "C'est moi." appela sa future partenaire commerciale depuis le fond de la tente. "Entre, je suis à toi dans quelques minutes."

    Alors. Pieds gauche, appui, se baisser pour passer le seuil de la tente. Sourire à la vieille dame. Se redresser.

    Elle se tint un peu maladroitement dans la tente. Une odeur alléchante de nourriture flottait, mais il y avait aussi une odeur de fleurs assez prononcé. C’était un peu étrange. Les parfums ne sentaient pas comme ça. C’était vraiment l’odeur des fleurs, vivantes. Il y avait deux jeunes filles d’une douzaine d’année dans la tente. Voilà peut être l’héritière du savoir faire en fauconnerie de la famille, se dit Klog, en regardant l’enfant affairée auprès de la marmite, les yeux ensommeillés. Les deux petites ne se ressemblaient pas, mais ce n’était pas ses affaires. Elle songea au parents encore endormis. Elle se demanda si Sh’yeh les avait vus, en un an qu’elle avait passé là bas. Elle se demanda si ça avait été dur de se résigner à les laisser la bas. Elle pensa au cauchemar qu’avait été son réveil. Elle pensa à Ejrah.

    Elle n’était plus là pour la forcer à allumer le feu sous sa marmite le matin. Klog secoua la tête et se redressa un peu, affermissant la prise sur ses membres. Penser à ça ne ferait aucun bien.

    Rawda était occupée dans un coin de la tente, autour d’une machinerie complexe. Elle avait un oncle qui se servait d’un dispositif semblable pour faire de l’alcool, c’était un distillateur.
    Elle observa les gestes précis de la jeune fille avec intérêt, un peu gênée de débarquer aussi tôt. Mais d’un autre coté, Rawda avait l’air de savoir ce qu’elle faisait, et le clan partirai dans quelques heures, et en sa qualité de gérante d’une grande partie des montures, c’était toujours le plus gros travail dans sa journée. Elle craignait de pas avoir le temps si elle attendait plus, et elle ne savait pas combien de temps l’exécution de sa commande prendrait.

    La dame lui remit une tasse de thé. Elle la remercia chaleureusement et bu avec gratitude. Elle écarquilla les yeux : il était très bon ! Les gens d’ici savaient décidément y faire avec les plantes ! Elle félicita la vieille femme avec enthousiasme. La tasse était chaude et douce sous sa main, c’était agréable.

    La jeune parfumeuse se retourna vers elle et s’approcha.

    "Excuse-moi de t'avoir fait attendre. Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider?" demanda-t-elle.

    « En fait, je suis là pour plusieurs choses, mais je ne sais pas si je m’adresse à la bonne personne pour toute mes commandes, désolée ! » Elle fit une courte pause, récapitulant ce dont elle avait besoin dans sa tête. « Alors, en premier lieu j’aurai besoin d’un parfum, bien sur. Il faudrait qu’il soit capable de couvrir une très forte odeur de renfermée sur des vêtements de cérémonie. Rien de subtil, j’en ai peur. Si il peut être assez ostensible sur ma richesse, je suis prête à y mettre un certain prix, par exemple être fait de fleurs rares ? Je ne sais pas trop si quelque chose de ce genre existe en parfumerie… Il faudrait que tu en fasses soit une petite quantité, ou alors quelque chose qui dure dans le temps, parce que je compte l’utiliser pour impressionner des partenaires commerciaux. Je peux te montrer les vêtements, si tu veux, et à ce propos… Je ne sais pas si c’est dans tes cordes, mais je voudrais bien t’engager pour un peu de broderie, ou au moins t’acheter des teintures, si tu en fait ? Je suis très mauvaise couturière, et c’est la première fois que c’est moi qui l’entretient, donc… Si tu connais quelqu’un qui peu le faire, tu aurais ma reconnaissance, si tu peux le faire toi même, encore une fois je peux y mettre un certain prix ! » Klog s’inclina légèrement, souriante. Elle se demanda si elle avait oublié quelque chose. Elle avait, en effet, oublié quelque chose, elle le savait, mais elle n’arrivait pas se souvenir quoi. C‘était agaçant, mais elle se résigna. Ça finirait bien par revenir. Mais il y avait autre chose.
    « Encore une chose ! » Ajouta précipitamment Klog. « J’en aurait besoin bientôt, si tu le peux ! Dans un peu moins de deux semaines j’ai ma première entrevue importante. Il me faudrait au moins un parfum d’ici là !" s'écria Klog. "Si c'est possible. » adouci-t-elle.



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    "En fait, je suis là pour plusieurs choses, mais je ne sais pas si je m’adresse à la bonne personne pour toutes mes commandes, désolée!" dit la jeune femme.

    Nour la regarda intriguée. C'était rare qu'on vienne la voir pour autre chose que du parfum. Restait à savoir si c'était effectivement le cas où si la demoiselle désirait plusieurs parfums. Nour eut un moment d'appréhension à cette pensée. Savait-elle au moins combien coûtait le parfum. Si la substance était accessible pour les citadins aux poches remplies d'or il en était autrement pour les nomades dont la richesse s'exprimait de manière moins tangible.

    "Alors, en premier lieu j’aurai besoin d’un parfum, bien sur. Il faudrait qu’il soit capable de couvrir une très forte odeur de renfermée sur des vêtements de cérémonie. Rien de subtil, j’en ai peur. Si il peut être assez ostensible sur ma richesse, je suis prête à y mettre un certain prix, par exemple être fait de fleurs rares ? Je ne sais pas trop si quelque chose de ce genre existe en parfumerie… Il faudrait que tu en fasses soit une petite quantité, ou alors quelque chose qui dure dans le temps, parce que je compte l’utiliser pour impressionner des partenaires commerciaux. Je peux te montrer les vêtements, si tu veux, et à ce propos… Je ne sais pas si c’est dans tes cordes, mais je voudrais bien t’engager pour un peu de broderie, ou au moins t’acheter des teintures, si tu en fait ? Je suis très mauvaise couturière, et c’est la première fois que c’est moi qui l’entretient, donc… Si tu connais quelqu’un qui peu le faire, tu aurais ma reconnaissance, si tu peux le faire toi même, encore une fois je peux y mettre un certain prix !"

    Nour du s'asseoir pour écouter le flot de paroles. Un parfum pour une cérémonie qui contrerai une odeur forte. De renfermé plus que de chameaux apparemment. Son esprit avait tout de suite pensé à la fleur de jasmin dont l'odeur entêtante faisait des parfums aussi puissants qu'agréables. Mélangé à la rose des sables, le parfum du jasmin était d'autant plus charmeur, et il lui en restait justement quelques flacons. Du moins le pensait-elle. Ce parfum avait été très populaire, et les flacons étaient parti comme des petits pains chauds malgré leur prix élevé.

    "Encore une chose!" dit sa cliente et Nour redouta un instant qu'il s'agisse là d'encore une autre commande. "J’en aurait besoin bientôt, si tu le peux ! Dans un peu moins de deux semaines j’ai ma première entrevue importante. Il me faudrait au moins un parfum d’ici là ! Si c'est possible."

    Le visage vaguement inquiet de Nour s'adoucit par un sourire.

    "Pour le parfum ce n'est pas un problème. Il m'en reste quelques-uns de vente passées." elle se leva et se dirigea vers un coffre de bois qu'elle ouvrit afin de chercher la flacon auquel elle pensait. "En ce qui concerne les vêtements, je peux te faire la broderie mais ce n'est pas mon art. Il me faudrait voir le vêtement pour que je puisse te dire si c'est dans mes cordes."

    Elle dénicha enfin son mélange de jasmin et de rose du désert et sorti le flacon pour le montrer à sa cliente et lui faire sentir.

    "Tiens c'est un parfum qui mélange du jasmin à de la rose. C'est un parfum puissant et envoutant, je pense que ça pourrait convenir." dit-elle, puis préfère préciser. "C'est l'un de mes parfums les plus couteux cependant. Si tu préfères débourser moins je peux t'en montrer d'autres."

    Pendant que sa cliente sent le parfum, Nour s'éloigne à nouveau, vers un autre coffre qu'elle ouvre pour révéler une série de pot. L'un deux contient le safran qu'elle a récolté la veille. Un autre contient des coques d'amandes, un troisième de l'indigo et un autre encore de la racine d'orcanette. De quoi faire de belles teintes.

    "Pour la teinture, je te la ferais si tu le souhaites. Actuellement j'ai de quoi faire du jaune, du vert céladon, du bleu indigo et du pourpre." dit Nour en refermant le coffre.

    Elle retourne vers sa cliente.

    "Les prix des teintures sont à peu près les mêmes donc cela va dépendre principalement de tes préférences."
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    Klog Mu'Arjin
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    "Pour le parfum ce n'est pas un problème. Il m'en reste quelques-uns de vente passées." La jeune fille s’agenouilla devant un coffre de bois. Klog fit un grand sourire. Ca faisait déjà une chose de réglée. "En ce qui concerne les vêtements, je peux te faire la broderie mais ce n'est pas mon art. Il me faudrait voir le vêtement pour que je puisse te dire si c'est dans mes cordes."

    Elle se releva et lui tendis un petit flacon.

    "Tiens c'est un parfum qui mélange du jasmin à de la rose. C'est un parfum puissant et envoûtant, je pense que ça pourrait convenir." 
    Klog déboucha le flacon et pris une inspiration prudente, avant de le reboucher, presque étouffée. Ses yeux piquaient, et elle dissimula de son mieux une envie d’éternuer. En effet, ça sentait fort, un peu comme de l’encens, mais sans l’odeur de cendre. Klog ne trouvait pas la senteur particulièrement agréable, mais ça couvrirait à coup sur les exhalaisons de poussière et d'humidité attachées à ses vêtements.
    "C'est l'un de mes parfums les plus coûteux cependant. Si tu préfères débourser moins je peux t'en montrer d'autres." précisa la parfumeuse. Klog s’essuya discrètement les yeux.

    « Ca m’a l’air bien, eh, efficace. Après, c’est un investissement sur le long terme, comme un bijou, mais si tu dis que c’est une fragrance suffisamment impressionnante… Je me range à ton avis, c’est toi l’experte. Après, je ne connais pas exactement ta gamme de prix ? Il faudra que l’on en discute. »

    "Pour la teinture, je te la ferais si tu le souhaites. Actuellement j'ai de quoi faire du jaune, du vert céladon, du bleu indigo et du pourpre." expliqua la jeune fille en refermant son coffre.
    "Les prix des teintures sont à peu près les mêmes donc cela va dépendre principalement de tes préférences."

    Klog fit un sourire nerveux. Elle n’avait aucune idée d’à quoi pouvait ressembler du vert céladon.« A vrai dire… Tu ne veux pas regarder l’état des vêtements d’abord, et faire ensuite ce dont tu as besoin ? Je te fais confiance. » Klog eu un petit rire gêné. Elle fit de son mieux pour s’empêcher de tordre nerveusement ses poignées. « Ce n’est pas grand-chose, vraiment, je devrai tout à fait être capable de le faire moi même, mon oncle m’assassinerais sans doute dans mon sommeil si il savait que je suis en train de confier cette tâche à quelqu’un qui n’est pas de la famille… Mais c’est bien mieux que de détruire un travail entamé sur plusieurs générations, à mon avis ! » Klog fit un effort pour chasser une mèche tombée devant ses yeux. Qu’avait elle oublié ?

    « Je suis vraiment soulagée que tu penses pouvoir faire ça pour moi, ça me soulage d’un grand poids. »avoua Klog. Elle se demandait ce qu'elle allait devoir débourser. Vu la taille du flacon, et la force de l'odeur, elle sentait quand même que c'était sage.

    Nililo lui avait dit ue son père portait un parfum, mais en plus du coté noble c'était aussi pour masquer l'odeur de chameau au quotidien, pour séduire sa mère. Il avait gardé l'habitude jusqu'à la fin de sa vie.
    Elle espérait qu'elle ne puait pas, mais elle aimait l'odeur des bêtes. Elle était rassurante. Et puis, c'était un gage de son travail, aussi. Elle ferma les yeux. C'était trop tard pour y penser, de toute façon.

    « Est ce que tu pourrais me suivre dehors ? J’ai laissé Tunuo à l’extérieur, elle ne dois pas être très loin, et j’ai mon coffre sur elle. Comme ça tu pourras évaluer ce que tu as besoin de faire. » proposa Klog.



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    "A vrai dire… Tu ne veux pas regarder l’état des vêtements d’abord, et faire ensuite ce dont tu as besoin ? Je te fais confiance." demande sa cliente avec un rire gêné. " Ce n’est pas grand-chose, vraiment, je devrai tout à fait être capable de le faire moi même, mon oncle m’assassinerais sans doute dans mon sommeil si il savait que je suis en train de confier cette tâche à quelqu’un qui n’est pas de la famille… Mais c’est bien mieux que de détruire un travail entamé sur plusieurs générations, à mon avis !"

    Le regard de Nour s'illumine.

    "Oh, c'est un vêtement de famille?!" s'exclame-t-elle avec enthousiasme. "Ne t'inquiètes pas, je ferais de mon mieux pour le remettre à neuf."

    Quelle chance, se dit-elle, de pouvoir travailler sur un habit qui se passe de générations en générations. Nour elle-même n'en possède pas. Si Grand-Mère avait une telle robe lorsqu'elle était jeune, elle l'a perdu au cours du Grand Sommeil. Pour Nour, ce genre de vêtement est un véritable trésor de famille. Un héritage important qui a traversé les âges.

    "Je suis vraiment soulagée que tu penses pouvoir faire ça pour moi, ça me soulage d’un grand poids." lui dit la jeune femme avant d'ajouter un instant après: "Est ce que tu pourrais me suivre dehors ? J’ai laissé Tunuo à l’extérieur, elle ne dois pas être très loin, et j’ai mon coffre sur elle. Comme ça tu pourras évaluer ce que tu as besoin de faire."

    "Bien sûr." dit Nour et lui emboîte le pas.

    Pendant que sa cliente s'affaire autour de son coffre, Nour regarde le chameau avec curiosité. Sa famille est une famille d'oiselier. S'il leur est arrivé d'avoir des oiseaux autres que des oiseau de proie afin de les vendre comme animaux de compagnie à la ville, ils n'ont jamais possédé de chameaux ou de bétail. Ils louent simplement un chameau pour la journée afin de porter leurs bagages pendant que le clan se déplace. Ils n'ont pas besoin de plus. Lorsque Grand-Mère est trop fatiguée pour marcher il y a toujours un chamelier bienveillant pour la faire monter sur l'une des bêtes. Pas besoin de payer pour ça, le clan respecte les anciens et les sages d'autant plus.

    Nour est perdue dans ses contemplations lorsqu'elle se rend soudain compte qu'elle ne sait pas encore à qui elle s’adresse.

    "Quel est ton nom au fait?" demande-t-elle en levant le regard vers la jeune femme brune. "J'ai oublié de te demander tout à l'heure."
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    Le joli visage de la jeune fille s’éclaira.

    "Oh, c'est un vêtement de famille ?! Ne t'inquiètes pas, je ferais de mon mieux pour le remettre à neuf !"

    s’écria-t-elle avec joie.

    Klog eut un large sourire. L’enthousiasme était toujours communicatif avec elle. Et elle se souvenait aussi de sa fascination pour cet héritage, plus jeune. Il était trop grand pour elle quand elle avait douze ans, elle pouvait à peine le soulever, mais maintenant, elle pouvait presque bouger avec, et elle avait compris qu’elle était surtout sensé le porter sur un chameau, ou pour une cérémonie, avec des mouvement lents et gracieux.

    Klog se pencha pour sortir hors de la tente. La petite parfumeuse la suivait. Elle ne se retourna pas, mais elle pouvait entendre un bruit léger derrière elle. C’était perturbant. Son esprit malade les amplifiait et déformé, car le Rêve s’était même emparé de la musique, pour être plus obsédant encore. Klog ferma les yeux très fort et se concentra sur ses articulations. La plupart du temps, ça la choquait suffisamment, tout cette peau pliée, pour chasser les mauvais réflexes.

    Toute cette peau qui s’accroche à de la peau… Klog frissonna.

    Tunuo n’était plus en vue, mais elle n’avait pas laissé de chaos derrière elle, elle avait juste du attendre un peu plus loin. Elle se retourna soigneusement vers sa jeune partenaire commerciale, maudissant Tunuo si elle était partie trop loin.

    « Elle a dut aller m’attendre plus loin, elle va arriver. »
    expliqua-t-elle à la jeune fille. Elle fit le tour de la tente avec une concentration épuisante dans les mouvement de ses jambes.

    Tunuo l’attendait derrière la tente. Elle arriva paisiblement vers elle à son appel. Klog flatta les poils drus sur ses flancs et Tunuo resta tranquille pendant qu’elle déchargeait et ouvrait le coffre en bois.

    "Quel est ton nom au fait ?"
     demande-t-elle la parfumeuse en la regardant dans les yeux "J'ai oublié de te demander tout à l'heure."

    « Oh ! » S’écria Klog. « Je ne me suis pas présentée ? » se maudit-elle. « C’est de ma faute, c’est une faute, j’aurai du le faire, je ne sais pas ou j’avais là tête ! » se répandit-elle en excuse. Avec une transaction plus sérieuse, ce serait à la limite de la faute professionnelle. Et elle savait très bien ou elle avait la tête, soit trop concentrée pour ne pas trébucher, ou encore perdue dans ses rêves. Elle serra les dents. Elle n’était peu être pas encore prête.

    « Je suis Dabok Mu’Arjin. Klog Hwarr Dabok Mu’Arjin. » Klog s’inclina légèrement, pas très formellement, mais suffisamment pour que l’excuse soit visible et se fasse ressentir. « Et je te remercie te ton enthousiasme pour ta tâche. »

    Klog déplia devant elles le plus grand manteau. L’odeur était forte mais pas insoutenable, après l’avoir déjà ouvert une fois, et à l’air libre.

    C’était sans doute Ejrah qui l’avait sellé. L’héritage. Klog se demanda si ça sœur l’aurait voulu.
    Mais elle n’avait pas le troupeau, donc le manteau elle ne s’en souvenait peut être même plus.

    Il était remarquable, pourtant : bleu brodé de rouge et d’argent, les fourrures abîmées cascadant dans le dos et sur les manches en couche successives. Tout l’avant était recouvert de bijoux et de broderie.

    Mais les bijoux d’argent s’étaient ternis autour des pierres précieuses, et les fils rouges qui les retenaient était lâches et élimés, pâles.

    Il y avait aussi la coiffe et d’autres robes qu’elle voulait faire réparer, comme la robe rouge, riche de couleur, de la famille de marchand de sa mère, qui était aussi plus féminine, mais ce manteau, c’était celui du maître du troupeau. Dabok Mu’Arjin, se souvint Klog. Elle avait mérité son héritage.

    Elle s'écarta, incapable de dire un mot, pour laisser la jeune fille s'approcher.



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    Nour Mu'Zineb
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    "Oh!" s'exclame la jeune femme. "Je ne me suis pas présentée ? C’est de ma faute, c’est une faute, j’aurai du le faire, je ne sais pas ou j’avais là tête !"

    Nour ouvre la bouche pour la rassurer qu'elle n'en avait pas été offensée mais se ravisa. Grand-Mère dit toujours que les bonnes manières sont la base de bonnes relations et la réaction de sa cliente semble indiquer qu'elle partage cet avis.

    "Je suis Dabok Mu’Arjin. Klog Hwarr Dabok Mu’Arjin." se présenta la jeune femme avant d'ajouter. "Et je te remercie te ton enthousiasme pour ta tâche."

    Elle a donc déjà son prénom honorifique. Nour incline sa tête à son tour, marquant ainsi son respect pour quelqu'un au statut déjà reconnu.

    Dabok déplie ensuite le grand manteau qu'elle a extrait du coffre et les yeux de Nour s'élargissent comiquement. C'est un manteau magnifique, clairement fait pour les cérémonies ou du moins pour marquer un rang important. Il est surement destiné au propriétaire du troupeau de chameau, se dit Nour en caressant l'étoffe bleue. Un manteau comme celui-là est autant une richesse que le troupeau lui-même.

    Elle note que les coutures ont besoin d'être reprises à certains endroits mais qu'en somme le vêtement est plutôt en bon état.

    "Je vois les reprises à faire, cela ne devrait pas être trop difficile." dit Nour en examinant le manteau plus en détail. "J'imagine que ce n'est pas ce manteau que tu voulais teindre Dabok? La couleur est si belle."

    Son ton est plein d'appréciation et surtout sincère. En effet, le bleu est encore vibrant malgré l'âge du vêtement. Qui plus est, le bleu n'est pas toujours une teinture facile à obtenir. On ne peut le faire quasiment qu'avec l'indigo qui ne se trouve pas toujours facilement. Il serait dommage de teindre le manteau d'une autre couleur.

    "Les fourrures sont abimées." remarque-t-elle en regardant le dos. "Mais je ne suis pas sûre de pouvoir le matériau pour ça rapidement. J'ai peur que les fourrures sont des denrées rares ces jours-ci."

    Il est vrai que les fourrures peuvent être difficiles à obtenir dans le désert. Les animaux sont rares et ceux assez gros pour donner une quantité décente de fourrure le sont encore plus. Il lui faudrait demander aux marchands s'ils en ont, mais Nour doute que ce sera si simple. Surtout sur des délais courts.

    Ayant terminé son examen du manteau, le regard de Nour est attiré par d'autres étoffes, notamment une rouge. Elle soulève le vêtement et dévoile une robe qui semble elle aussi être destinée aux grandes occasions.

    "Faut-il que je reprise cette robe aussi Dabok?" demande-t-elle en admirant la qualité de l'étoffe.
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    Klog Mu'Arjin
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    "Je vois les reprises à faire, cela ne devrait pas être trop difficile." dit la jeune fille en faisant passer l'étoffe entre ses doigts. "J'imagine que ce n'est pas ce manteau que tu voulais teindre Dabok? La couleur est si belle."

    Klog secoua la tête, prit le temps de replacer sa masse de cheveux tomber dans le mouvement avant de répondre. "Non, je ne veux pas teindre l'étoffe... Mais les fils rouges pour les broderies. Ils sont délavés, et les broderies sont importantes, en plus elles tiennent des bijoux de valeur donc j'ai besoin qu'elle soit solides, et si c'est possible éclatantes, pour souligner les pierres et les métaux précieux. » indiqua-t-elle.

    La parfumeuse retourna le manteau et fit courir sa main sur les lourdes fourrures. (Ejrah avait fait pareil une fois, avant de prendre son aiguille. Sa sœur l’avait arraché à leur tante. Le manteau avait plusieurs centaines d’années.)

    "Les fourrures sont abîmées. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir le matériau pour ça rapidement. J'ai peur que les fourrures sont des denrées rares ces jours-ci."

    Klog sourit.

    « Elles sont toujours rares, hélas, mais ne t’en préoccupe pas. C’est à moi qu’incombe la responsabilité d’agrandir et d’entretenir les fourrures, en temps que chef du troupeau. Si tu pouvais faire quelque chose pour les traiter pour qu’elles ait un meilleur air ou sente moins fort fais le, mais si tu ne peux rien faire, laisse les juste en état, après tout, ce manteau a plusieurs centaines d’années ! »

    "Faut-il que je reprise cette robe aussi Dabok?"

    « Je pense que oui.. » répondit Klog, songeuse. Elle était encore belle mais elle avait un peu plus souffert. Le tissu etait plus fin encore que dans ses souvenirs, et les décolorations assez marquées.

    « Est ce que tu peux faire quelque chose contre les décolorations ? » demanda Klog. Elle sortit la coiffe d’un repli d’étoffe. Elle n’était pas très grande, mais très lourdement chargée en joyaux. « Et t’assurer que les broderies vont tenir le coup ? »

    Klog se demanda si elle allait vraiment porter la robe. Sa mère était marchande. Ejrah était la fille d’une marchande. Seule la robe avait traversé le Rêve. Klog soupira et se frotta les yeux. (les paupières s’étalaient, molles et moites entre les yeux et les poings secs.) Elle regarda la robe. Elle était véritablement magnifique. Peut etre plus riche encore, plus ostentatoire que le manteau.

    Et elle allait en avoir besoin. Elle ne pouvait refuser aucune aide.



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    Nour Mu'Zineb
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    A mesure que Dabok répond à ses questions, Nour prend note mentalement de chaque tache qu'il lui faudra accomplir. Elles commencent à s'accumuler. Ce sera beaucoup de travail mais Nour ne se laisse pas impressionner. Elle aime être utile aux autres et se réjouit donc qu'on lui fasse confiance pour un travail si important.

    "Est ce que tu peux faire quelque chose contre les décolorations ?" demande Dabok alors que les deux femmes se penchent sur la robe luxueuse. "Et t’assurer que les broderies vont tenir le coup?"

    Nour hoche la tête, songeuse.

    "Je peux refaire les broderies si les fils sont trop fragiles. Ne te fais pas de soucis pour ça." elle passe la main sur l'étoffe, examinant la couleur qui s'efface par endroit. "Je ferais de mon mieux pour lui redonner sa couleur d'origine. Je ne sais pas si cela est possible mais ce serait dommage de laisser une si belle robe dans cet état."

    Et c'est vrai que c'est une belle robe. Elle a peut-être même plus de valeur que le lourd manteau que Nour a examiné précédemment.

    Elle replie les étoffes délicatement, afin de les porter chez elle où elle pourra s'atteler à leur remise en état.

    "C'est une chance d'avoir encore ces vêtements malgré les années." remarque-t-elle joyeusement. "Peu de famille conservent encore leur vêtements ancestraux."

    Du moins, peu en possèdent encore en état d'être porté. Une famille avoisinante avait retrouvé une robe qui avait appartenu à une arrière-arrière-arrière-grand-mère avant le Grand Sommeil, mais lorsqu'ils avaient voulu la sortir de son coffre elle s'était désintégré entre leur doigts.

    "Je ferais mieux de porter ceci chez moi." dit Nour après un instant de silence. "A moins que tu n'ais besoin d'autre chose?"
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    "C'est une chance d'avoir encore ces vêtements malgré les années. Peu de famille conservent encore leur vêtements ancestraux." dit la jeune fille.

    Dabok pensa à l’écriture nette d’Ejrah imprimée profondément dans la pierre, encore lisible comme si elle avait été gravée hier. C’est vrai qu’elle ne s’était pas posé la question outre mesure quand elle avait retrouvé ses affaires, affaiblie et embrumée. Elle pensa au corps d’Ejrah, sec et abîmé autour de celui de sa sœur, et elle frémit. Ces mains desséchées avaient tout fait pour conserver sa famille. Elle s’était assurée que le troupeau survive, que le manteau traverse les âges. C’était une bonne chose pour elle, une marque soulignée du poids de sa famille. Ont lui pardonnerait ses faiblesses parce qu’elle était la gardienne du plus grand troupeau, d’une des plus ancienne lignées survivante, mais elle ne devait pas en commettre. Sa responsabilité était aussi la mémoire d’Ejrah.
    Des traces de bulles explosèrent aux coins de son champ de vision. Mais elle secoua la tête : elle n’y prêtera pas attention. Chimères que tout cela. Elle se dépêcha plutôt de répondre à la parfumeuse, se concentrant au fur et à mesure sur sa réponse.

    « On a prit soin de les conserver. Le coffre n’était pas seulement solide, il était aussi totalement étanche, je pense. Et il était dans une grotte très sèche, et très régulière, d’une certaine façon. Il était aussi plein d'herbes odorantes et de bois précieux, mais je pense que c'est cette protection contre les bêtes qui est en partie responsable de l'odeur. » expliqua Klog.
    « Beaucoup de motifs familiaux ont dut disparaître. Quel honte que je sois si mauvaise en broderie, je ne pourrais jamais enseigner les points si le manteau s’abîme trop… Je ne sais pas si des gens sont chargés de recueillir ce genre de choses avant que plus personne ne s’en souvienne, mais il faudra en parler aux Anciens. »
    médita Klog en renvoyant Tunuo un peu plus loin.

    Elle se redressa, corrigeant sa posture pour ne pas se recourber sur elle même, et paraître digne et sure d’elle. Un moment passa en silence pendant que la jeune fille repliait délicatement les tissus.

    "Je ferais mieux de porter ceci chez moi. A moins que tu n'ais besoin d'autre chose?" s'enquit la parfumeuse, trés professionnelle, et parfaitement à l'aise et aimable. Klog commença à penser qu'elle ferait une bien meilleure négociatrice qu'elle pour sa vente.

    Klog secoua la tête « C’est bon, tu as même dépassé ta fonction et mes espérances ! Il faut juste que l’on se mette d’accord sur ta rémunération, maintenant » sourit Klog. Elle se souvenait que plus jeune, elle aimait aussi beaucoup cette étape, quand on lui faisait suffisamment confiance pour conclure avec elle, directement, une grosse transaction. Même si leurs tâches était très différentes, la sensation devait être proche.



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    Nour Mu'Zineb
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    "C’est bon, tu as même dépassé ta fonction et mes espérances ! Il faut juste que l’on se mette d’accord sur ta rémunération, maintenant." répondit Dabok.

    Nour réprime une grimace. Le moment est donc venu. Autant elle aime pleinement son métier et apprécie le contact avec les clients autant l'idée de demander telle ou telle rémunération la fait toujours grimacer. Elle n'a pas le sens inné du commerce comme Grand-Mère ou Fahd et il lui semble toujours qu'elle demande soit trop soit pas assez. Si elle le pouvait elle rendrait service aux gens gratuitement, malheureusement il lui faut tout de même gagner sa vie.

    "A vrai dire je..." commence-t-elle incertaine avant de marquer une pause hésitante.

    Une part d'elle sait que la rémunération pour les produits et procédés couteux ne peut être que quelque chose de grande valeur, mais cela ne l'empêche pas d'appréhender le moment où elle formulerait cette demande qui en d'autres circonstances aurait été complètement déraisonnable.

    Elle prend une grande inspiration pour se donner du courage et se lance:

    "Pourrais-tu mettre un chameau à la disposition de Grand-Mère pour le temps de l'Exode? Je sais que je t'en demande beaucoup mais Grand-Mère est âgée et j'ai peur que les longues marches l'épuise. Nous louerons un chameau pour les bagages comme à l'accoutumée mais si tu pouvais permettre à Grand-Mère de voyager sur l'un de tes chameaux je t'en serais extrêmement redevable."

    Elle se mordille les lèvres. L’inquiétude de demander trop est remplacée par l'anxiété que sa demande soit refusée. La vérité c'est que Grand-Mère a eut un malaise l'autre jour. Un malaise léger certes, mais voir cette femme connue pour son énergie et sa force s'effondrer ainsi a été un choc pour la jeune fille. Cela lui a rappelé soudain que Grand-Mère vieilli. Et alors la peur lui a tordu le ventre.

    Nul ne sait exactement ce qui les attends au-delà des montagnes mais l'on peut au moins supposer que les premiers temps seront durs. Il faudra surement marcher encore et encore avant de trouver les terres où ils pourront vivre dorénavant. Et Nour n'est pas sûre que Grand-Mère en ait encore la force.
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